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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 09:57
Pour ceux qui n'ont pas encore vu, nous avons un porte parole au sein de l'Europe. Ne nous en privons pas...

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Published by Ferlinpimpim - dans Politique
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 00:40

Le Chili déploie ses troupes et appelle à l'aide internationale

Après le 11 septembre 1973, le 1er mars 2010...(Note de Ferlin)

http://www.euronews.net/wires/afp/images/photo_1267453335375-1-0.jpg
Des renforts de troupes sont en cours de déploiement dans les régions du Maule et de Concepcion, les plus touchées au Chili par le séisme de samedi, ce qui porte à 7 000 le nombre de militaires mobilisés dans la zone, a annoncé, lundi 1er mars, la présidente, Michelle Bachelet.

"Demain [mardi], quand nous aurons déployé tous les effectifs dans la région de Biobio [dont Concepcion est la capitale] et du Maule, nous aurons 7 000 militaires", a déclaré la présidente à la presse. Environ 5 000 militaires étaient en cours de déploiement, selon la présidente, venant s'ajouter à plus d'un millier déjà sur place, dans le cadre des efforts des autorités pour maintenir l'ordre à Concepcion, deuxième ville du pays, en proie depuis dimanche à des scènes de pillage de la part d'une population démunie.

Le Chili a, en outre, sollicité l'aide internationale et redoublé d'efforts sur le terrain à mesure qu'il prenait conscience de l'étendue des dégâts du séisme et des vagues géantes qui ont balayé une partie de ses côtes samedi, laissant plus de 700 morts dans leur sillage.

Mme Bachelet, en plein fin de mandat puisqu'elle doit céder dans dix jours le pouvoir à son successeur, Sebastian Pinera, a "fourni (à la communauté internationale) une liste qui contient des priorités" à mettre en œuvre pour venir en aide aux populations, a précisé la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Elisabeth Byrs.


PLUSIEURS VILLES RAYÉES DE LA CARTE

Le bilan de la catastrophe a doublé à 711 morts au cours des dernières heures et devrait encore s'alourdir en raison de nombreux disparus, a déclaré Michelle Bachelet. En tout, près de 2 millions de personnes, soit un Chilien sur huit, ont été affectées. Le coût des dégâts pourrait atteindre 15 à 30 milliards de dollars (11 à 22 milliards d'euros), selon la société américaine Eqecat, spécialisée dans la modélisation du risque.

Avec des maisons broyées, des bateaux projetés à l'intérieur des terres, des immeubles écroulés, le littoral sud du pays est le plus touché, offrant un spectacle de mort et de dévastation. Deux jours après le tremblement de terre, moins meurtrier mais bien plus puissant que celui qui a dévasté Haïti le 12 janvier, les sauveteurs tentaient toujours  de dégager des victimes des décombres. Des villes comme Talcahuano, Penco, Dichato ont été rayées de la carte.

Deux régions ont été décrétées en "état d'exception", le Maule et le Bio Bio, dont la capitale, Concepcion, une ville d'un demi-million d'habitants à 400 km au sud de la capitale, a été placée sous couvre-feu pour éviter de nouveaux pillages. Des dizaines de personnes ont pris d'assaut, dimanche, des établissements fermés, pour s'emparer de nourriture, parfois aussi d'appareils électroménagers. Au moins 160 personnes ont été interpellées dans la nuit de dimanche à lundi à Concepcion.

Le Japon, dernier à lever lundi son alerte au tsunami après d'autres pays du Pacifique, va offrir 3 millions de dollars d'aide au Chili et la Chine a promis 1 million de dollars. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, devait se rendre à Santiago mardi.

 

LeMonde

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 16:53
Yvan Stefanovitch, journaliste d’investigation vient d’en faire un livre : « la caste des 500, enquête sur les Princes de la République » (éditions j.c Lattes 2010) lien
La France compte 5 millions de fonctionnaires.
http://www.periodictableonline.org/images/diamant%5B1%5D.jpg

Parmi ceux-ci se trouvent 15 000 privilégiés de la République, hauts fonctionnaires diplômés pour la plupart de l’ENA.



Cette « noblesse d’état » outre des salaires allant de 6000 à 45000 euros par mois, à en supplément accès à quelques avantages de taille : appartement de fonction, voiture, et bien sûr des primes comme s’il en pleuvait.



Extrait :

« Prenons l’exemple de l’inspection des finances, c’est-à-dire 400 hauts fonctionnaires qui trustent des postes à l’Elysée, à Matignon et en disponibilité à BNP/Paribas…ce mélange de l’élite public/privé a commencé au début du 19ème siècle lors de la création des grands corps administratifs sous la monarchie constitutionnelle ».


Au Senat, ils sont 1220 fonctionnaires et nous coûtent 300 millions par an.

Leurs avantages sont nombreux : le whisky est à 50 cts d’euros, le travail ne dure que 32 heures par semaines, et le salaire minimum est fixé à 2300 euros par mois.


Les primes de nuit doublent votre salaire à partir de 19h, redoublent à minuit, et triplent à 4h du matin.



Certains de ces fonctionnaires bénéficient d’appartement de fonction, dont les fenêtres s’ouvrent sur le jardin de Luxembourg, loyer bloqué à 600 euros mensuels, parking et charges comprises.



Depuis dix ans, en France, la progression annuelle de leur pouvoir d’achat est plus de deux fois supérieure dans le public que dans le privé.



Alors qu’aux USA, en Grande Bretagne, en Allemagne, en Espagne ou Italie, les rémunérations des fonctionnaires sont inférieures de 20 à 25% à celles du privé.



Pour les fonctionnaires du conseil européen, c’est le même constat, les salaires flambent.



De plus, la revalorisation salariale de ceux-ci avaient été décidé à 1,85%, mais Bruxelles n’en a pas tenu compte, et à décidé qu’elle serait de 3,7%, provoquant la colère de la commission européenne.



Quand l’on sait que Barroso, et van Rompuy gagnent 304 000 euros net par an, c’est-à-dire plus que le président Obama, on comprend la colère de la commission.



Pour les élus, ceux que l’on nomme « les cumulards », c’est carton plein :

A l’Assemblée Nationale ils sont 288, 128 au Sénat, 26 euros députés, 9 anciens premiers ministres, 2 ex-présidents de la république, et une vingtaine d’ex-ministres.


Pour faire bonne mesure, il faut y ajouter la moitié des présidents de Conseil Généraux, et Régionaux, ce qui fait près de 500 personnes.



La plupart d’entre eux reçoit mensuellement plus de 24 000 euros, et ils ne sont imposés que sur la moitié de leurs gains.



Il suffit à un député de faire un seul mandat de 5 ans pour toucher à sa retraite 1548 € mensuels et s’il tient 10 ans il aura le double.



En tête, on y trouve nos deux anciens présidents de la République : 30 800 euros mensuels pour Jacques Chirac (détail : 5250 € (retraite président de la république), 5031 € (député), 3500 € (cour des comptes), 5000 € (conseil général, mairie de paris), et 12 000 € (conseil constitutionnel) et 29 000 € pour VGE.



Pour faire bonne mesure, ils ont tous voiture(s), appartement, transport, téléphone…



Malgré ces avantages appréciables, la plupart de ces élus pratiquent un absentéisme quasi professionnel, tel le sénateur Daniel Percheron qui n’a pris la parole en public que 5 fois depuis 2003.



Les records de l’absentéisme sont tenus par les députés européens, ce qui ne les empêche pas de recevoir 28 000 euros mensuels pour 6 jours de travail par mois.

Du côté de la diplomatie, c’est aussi le pactole.


Sur 157 ambassadeurs, 43 gagnent au moins 22500 euros par mois.

Et tout çà, c’est une particularité française.


A se demander parfois ce qu’il reste des évènements de 1789 ?

Ils ont un privilège qui n’existe nulle part ailleurs : celui d’aller travailler jusqu’à 12 ans dans le privé, avant de revenir « pantoufler » dans le public.


Aux USA, un haut fonctionnaire élu doit immédiatement démissionner de la fonction publique.



En France, s’ils sont battus à une élection, ils peuvent reprendre tranquillement leur habit de fonctionnaire.



Le moins qu’on puisse dire, c’est que nos élus sont « décomplexés ».



On se souvient de cette photo ou Angela Merkel, lors de la commémoration de la chute du mur, tenait elle-même son parapluie, alors que Sarkozy avait un employé pour le lui tenir. François Morel en a fait un sketch.



Les exemples sont nombreux.



Mr Schweitzer, ancien PDG de Renault touche sa retraite à ce titre, mais il y ajoute celle d’ancien inspecteur des finances (4500 euros par mois), et une indemnité d’environ 7000 euros mensuels en tant que directeur de la Halde (haute autorité gouvernementale de la lutte contre les discriminations ! )(çà ne s’invente pas !)

Depuis une trentaine d’années, ces privilégiés échappent à tout contrôle et font ce qu’ils veulent dans leurs fonctions. Ils ont pouvoir quasi monarchique.


Il faut rappeler que le cumul est interdit dans les autres pays riches et démocratiques. Ici, ils ont le pouvoir et l’argent. C’est une autre exception française.

Aujourd’hui, 81% des sénateurs et 85% des députés cumulent le mandat parlementaire avec le mandat local. 416 parlementaires, 12 eurodéputés et 24 ministres et secrétaires d’Etat sur 38 exercent aussi un mandat exécutif local.
A commencer par François Fillon lui-même qui est président de la communauté des communes de Sablé-sur-Sarthe.


A chaque élection, ces professionnels de la politique mettent tout en œuvre pour conserver leurs mandats et en gagner d’autres.



Qui plus est, ces cumulards sont issus (à plus de 50%) de la fonction publique.

Mais à tout seigneur tout honneur, il est temps d’évoquer le statut de notre salarié présidentiel.


Lorsqu’il prendra sa retraite, il va toucher 4000 € (en tant qu’ancien député), 5250 (président), 2000 € (mandats locaux) et 12 000 (conseil constitutionnel) soit 23250 €, loin devant Fillon qui n’aura que 8000 €.



Tout çà fait plutôt mauvais genre dans une France qui n’en finit pas de souffrir.

Roger Santini avait pourtant annoncé il y a 6 mois une réforme de ce régime, mais on attend toujours…


En octobre 2007, les parlementaires avaient dit tout le mal qu’ils pensaient de cette réforme.



Vous pourrez toujours signer la pétition pour réclamer la réforme du régime de retraite des élus.



Mais comme disait mon vieil ami africain : « à force de recevoir des crachats, on finit par être mouillé ».


Toutsaufsarkosy

Merci Jean Louis, pour le lien.
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 13:55
Si nous devions parodier l'auteur de "L'Effroyable Mensonge", nous écririons que Guillaume Dasquié est plus à plaindre qu'à blâmer. Voilà sans doute le premier écrivain de langue française dont le titre de l'œuvre la qualifie en même temps.
Thierry Meyssan a accepté de répondre aux questions d'Enquêtes et Faits divers. Une interview qui éclaire d'un jour nouveau les motivations et les méthodes de Jean Guisnel et Guillaume Dasquié.





Kropotkine et Ikky : Nous avons récemment adressé une Lettre ouverte à Guillaume Dasquié coauteur  avec Jean Guisnel, de L'Effroyable mensonge. À notre agréable surprise, vous avez réagi très rapidement à cette publication, pourquoi ?

Thierry Meyssan : Vous avez été le premier à publier une recension critique de cet ouvrage. Jusqu'ici ce livre était cité comme une réfutation définitive de mes travaux, sans que personne ne s'interroge sur la pertinence de sa démonstration. Sa publication, en juin 2002, a été un soulagement pour la corporation des journalistes : son existence suffisait à affirmer qu'ils avaient tous bien fait leur travail à propos des attentats du 11 Septembre et qu'ils n'avaient donc aucune enquête à faire, ni aucune remise en question de leurs méthodes à opérer. Le livre a été brandi à la tribune de divers colloques professionnels où l'on s'est congratulé pour célébrer la lucidité retrouvée de la presse trois ans après les intox massives de la guerre du Kosovo, mais personne ne l'a lu.

Sept ans plus tard, les préoccupations sont différentes. Pour déverrouiller la parole, il peut être utile de revenir en arrière pour comprendre pourquoi, qui et comment a faussé le débat public sur le 11 Septembre.


K. et I. : L'Effroyable mensonge est une référence sur l'affaire du Pentagone. Pouvez-vous nous éclairer sur les motivations, les démarches et les méthodes des  auteurs de ce livre ?

T.M. : Cet ouvrage n'est pas une contre-enquête, mais un pamphlet. Il n'a pas été écrit spontanément, mais répond à une commande. La réfutation de la question du Pentagone est expédiée en 12 pages (croquis inclus). La centaine d'autres pages ne porte pas sur mon travail, mais sur des personnes que je connais ou que je connaîtrais et qui m'auraient tenu la plume. Bref, il ne s'agit pas d'un livre pour faire avancer le débat, mais au contraire d'une tentative débordante d'imagination pour le bloquer en relayant toutes les rumeurs possibles afin de discréditer celui qui l'a ouvert.

Renversons la question: Qui sont donc Guillaume Dasquié et Jean Guisnel ? Sur quoi se fondent leurs convictions, dont ils revendiquent qu'elles sont antérieures à leur pseudo-enquête ? En 2002, au moment où il publie L'Effroyable mensonge, Guillaume Dasquié venait de se livrer impunément à une extraordinaire manœuvre d'intoxication. Dans cette période, Jean-Marie Messier, le patron américanophile de Vivendi, voulait discréditer une banque arabe, la SBA, et l'évincer de la place de Paris. Il avait chargé Alain Marsaud (ex-juge anti-terroriste devenu chef de la cellule Renseignement de sa multinationale) de monter un dossier contre cette banque. Marsaud avait engagé le biographe officiel de Charles Pasqua, le franco-étasunien Jean-Charles Brisard, pour conduire l'opération. Vivendi a d'abord essayé les dénonciations calomnieuses auprès de la cellule anti-blanchiment de l'OCDE. Cela n'a pas eu d'effets suffisants. Aussi, lorsque survint le 11 Septembre, la cellule a imaginé d'accuser la SBA d'être ni plus, ni moins que le financier des attentats.

C'est là que Guillaume Dasquié entre en scène. Il met en forme le «rapport confidentiel» de la cellule. Jean-Marie Messier va lui-même porter ce document au président Chirac à l'Élysée, mais celui-ci voit l'intox et ne bouge pas. Alain Marsaud transmet à son ami le juge Van Ruymbeke le «rapport» assorti de faux documents attestant de comptes bancaires joints d'un administrateur de la SBA et d'Oussama Ben Laden qui auraient servis à financer des opérations terroristes. Van Ruymbeke parvient à intégrer ces faux documents dans une procédure. À l'issue de nombreuses perquisitions en Suisse, la baudruche se dégonfle, sans que Marsaud, Van Ruymbecke et compagnie soient poursuivis pour dénonciation calomnieuse.

En désespoir de cause, Dasquié remet le «rapport» à la Mission d'information sur le blanchiment des capitaux en Europe à l'Assemblée nationale. Arnaud Montebourg (un proche de John Negroponte) et Vincent Peillon (un proche du ministère israélien des Affaires étrangères) décident de le placer en annexe du Tome IV de leur rapport, lequel est publié par l'Assemblée nationale. L'Élysée alerte la présidence de l'Assemblée, l'intox est découverte, Montebourg et Peillon font marche arrière, le rapport officiel est retiré de la circulation et mis au pilon.

Non seulement Guillaume Dasquié ne s'est jamais expliqué sur cette manipulation, mais il a rédigé une version expurgée de son document confidentiel et l'a publié avec Jean-Charles Brisard sous le titre Ben Laden, la vérité interdite. Si la SBA n'est plus mise en cause, c'est plus précisément le banquier Khaled Ben Mahfouz qui devient la cible. Au-delà de quelques éléments intéressants, l'ouvrage contient de nombreuses erreurs factuelles, dont 42 intox destinées à discréditer Ben Mahfouz.

L'histoire du «document Vivendi» ne s'arrête pas là. Les assertions de Dasquié & Brisard sont reprises aux États-Unis. D'abord par un groupe de travail du Council on Foreign Relations, dans le rapport Terrorist Financing. Puis et surtout dans Funding Evil par l'égérie néo-conservatrice Rachel Ehrenfeld avec laquelle Brisard tient un blog. Brisard devient enquêteur pour le compte du cabinet Motley Rice LLC qui entend faire payer la famille royale saoudienne pour les attentats du 11 septembre. Au passage, il dénonce calomnieusement Hani et Tariq Ramadan, les accusant d'avoir coordonné des réunions entre le numéro 2 d'Al-Qaïda, Ayman al-Zahwari et l'inspirateur de l'attentat du WTC de 1993, Omar Abdel Rahman.

Revenons-en à Guillaume Dasquié, la suite de sa carrière est éclairante. En 2006, il a été imposé par les atlantistes à la rédaction de France 3 comme expert chargé de commenter tout du long l'offensive israélienne au Liban. Il s'y est illustré par des prises de position tranchées en faveur de l'État sioniste et contre la Résistance libanaise. En 2007, il a été mis en cause pour recel de documents Secret-Défense. En perquisitionnant à son domicile on y a trouvé des notes de la DGSE. Selon lui, ces documents étaient indispensables à son travail journalistique. Mais il ne s'agissait pas de notes sur un sujet donné; il s'agissait d'une année complète de notes !

Jean Guisnel a fait preuve de plus de rigueur intellectuelle. C'est un journaliste très compétent en matière de Défense. Il exprime souvent la pensée du courant atlantiste au sein des Armées. Au moment où il co-rédigeait L'Effroyable mensonge, il publiait La Citadelle endormie, une excellente critique des services US. Il y reprend sans variation notable le discours dominant du moment à Washington : les services de renseignement US sont devenus une bureaucratie qui étouffe les compétences. Il n'est donc pas étonnant qu'ils aient été pris de surprise le 11 Septembre, etc…

En 2003, j'ai rencontré un haut responsable d'un service de renseignement du Proche-Orient. Il m'assura que la commande de L'Effroyable mensonge avait été passée à Guisnel par un diplomate de l'ambassade d'Israël à Paris. Puis, il poursuivit, narquois, disant que Guisnel avait été payé à bas prix et qu'il l'avait «racheté». Ce Monsieur se flatta de lui avoir fait signer un livre écrit par son service qui serait publié prochainement. Je n'avais aucune raison de croire ce qui m'était rapporté. Cependant, quelques semaines plus tard, Jean Guisnel publia Délires à Washington. C'est une anthologie remarquablement documentée des propos des néo-conservateurs. Il est peu probable que, compte tenu de ses nombreuses occupations, il ait eu le temps pour dénicher tout ça. Il est possible qu'il se soit contenté de rédiger l'introduction de chaque chapitre.

Peu importe, ce petit écart n'a pas changé grand chose aux articles que rédige Jean Guisnel. Ni à son comportement. Début 2009, il est intervenu auprès du ministre de la Défense, Hervé Morin, pour faire congédier un éminent professeur du Collège interarmes des armées, Aymeric Chauprade, qui avait eu l'outrecuidance de rappeler dans un livre que, dans de nombreux pays, les états-majors considèrent le 11 Septembre comme un «inside job».


K. et I. : Guillaume Dasquié et Jean Guisnel affirment (page 25 note 2) que vous auriez décliné leurs demandes d'interview entre janvier et mai 2002 et auriez  refusé de présenter les preuves en votre possession comme  vos méthodes d'enquêtes. Est-ce exact ?

T.M. : C'est faux. Ils prétendent cela parce que c'est une nécessité juridique pour eux. Afin d'éviter d'être condamnés pour diffamation, ils assurent être de bonne foi, ne pas avoir voulu nuire et s'être enquis de mon point de vue avant de me mettre en cause.

Voilà ce qui s'est passé. Fin 2001, j'ai demandé à Guillaume, que je connaissais, de le rencontrer à propos de son «rapport» sur Ben Laden. Il m'a reçu à son bureau le 14 décembre. Il m'a à mon tour intoxiqué à propos de la SBA et j'ai repris ses fausses informations dans la première version d'un article sur les finances de Ben Laden. Au passage, Guillaume m'a posé des questions sur mon engagement politique au Parti Radical de Gauche et m'a proposé de piger pour Intelligence Online. Je n'ai pas répondu à son offre et nous n'avons plus eu de contact jusqu'à la parution de leur pamphlet.

J'avais des relations très courtoises avec Jean Guisnel qui m'avait présenté à la Garde des sceaux, Marylise Lebranchu lors des débats sur la prescription de presse sur Internet. Jean m'a effectivement demandé un rendez-vous à propos de mon livre. L'un et l'autre nous avions plusieurs déplacements prévus de sorte que nous sommes convenus d'une date ultérieure. Mais il a avancé la publication de son pamphlet, rédigé à la va-vite, ainsi à la date convenue, il était trop tard.

Si j'avais été interrogé sur mes méthodes de travail, j'aurais répondu sans problème, mais je n'aurais pas livré le nom de mes collaborateurs et de mes informateurs étrangers ainsi que m'en fait obligation la Charte de Munich. Quand aux preuves en ma possession, ce sont des documents référencés dans le livre. Il suffisait de le lire.


K. et I. : Je me rappelle d'un débat organisé en septembre 2002 par Radio Ici et Maintenant, à l'occasion de la sortie du Pentagate. Monsieur Guisnel avait refusé d'y participer, arguant que vous seriez "une personne malhonnête" et qu'il  ne souhaitait pas débattre avec vous.

T. M. : En quoi serais-je malhonnête ? Ni Guillaume Dasquié, ni Jean Guisnel n'ont accepté de débattre en public et en direct avec moi depuis qu'ils m'ont pris à partie. Ce n'est pas faute de leur avoir fait des propositions.

Compte tenu de l'interdiction qui a été prononcée par le Conseil national de l'audiovisuel pour empêcher les médias audiovisuels de me donner la parole, une confrontation avec Dasquié et Guisnel n'est plus possible à la télévision française. Mais elle pourrait avoir lieu en terrain neutre, à la Télévision suisse romande par exemple.

   
K. et I. : Nous avons à plusieurs reprises contacté Guillaume Dasquié et Jean Guisnel pour obtenir des éclaircissement sur leur propre enquête de terrain et les expertises conduites avec Jacques Rolland, François Grangier et Jean-Vincent Brisset… Nos courriers sont malheureusement restés sans réponse.

T.M. : C'est bien normal. Ils n'ont jamais fait d'enquête et n'avaient pas besoin d'en faire. Leur pamphlet ne porte ni sur les attentats, ni sur la politique étasunienne. C'est une courte diatribe pour m'accuser de ne pas avoir écrit L'Effroyable imposture et de me l'être fait dicter par des gens infréquentables.

Au demeurant, je ne leur reproche pas de ne pas avoir fait ce qu'ils me reprochent de ne pas avoir fait. Il faut bien comprendre qu'il était interdit, à cette époque, de se rendre au Pentagone sur le lieu de l'attentat et d'interroger les témoins. Personne, absolument personne ne l'a fait, car personne n'a été autorisé à le faire. Le magazine allemand Der Spiegel a envoyé une équipe spéciale pendant six mois aux États-Unis, elle n'a eu accès à rien.

Ceci dit, le plus surprenant dans le livre de Dasquié et Guisnel, c'est leur théorie du «piqué horizontal». Selon eux, le Boeing d'American Airlines aurait percuté le Pentagone à l'horizontal, mais avec une force identique à ce qui se serait passé dans le cas d'un piqué vertical. À court d'arguments, ils remettent en cause la gravité.

Je ne sais ce qui est le plus affligeant : la démonstration ou le fait que mes «confrères» aient porté ce livre au pinacle sans le lire.


K. et I. : Toutefois, le général Brisset, l'auteur de la théorie "de l'avion transformé en charge creuse" a  répondu à certaines de nos interrogations.
Il a par exemple admis publiquement qu'aucun élément technique ou factuel, pas même une simple photo, n'avait été mis à sa disposition par les auteurs de L'Effroyable mensonge.

T.M. : Le général Brisset est atlantiste. Il n'avait aucune raison de s'offusquer des raccourcis de Dasquié et Guisnel tant qu'on les présentait comme une récusation définitive de l'hypothèse du complot intérieur. Mais lorsque vous avez mis en évidence que les propos qu'on lui attribuait étaient stupides, il n'a pas voulu devenir la risée de ses collègues. Il s'est alors empressé de vous expliquer que ses propos ne portaient pas sur l'attentat du Pentagone, mais étaient des considérations générales qui ne s'appliquent pas nécessairement au cas considéré.


K. et I. : Notre lettre ouverte s'appuie essentiellement sur les travaux de la Citizen Investigation Team. Cette équipe a rencontré les témoins oculaires de l'attaque du Pentagone pour tenter de mettre fin aux spéculations sur les événements d'Arlington. Leurs découvertes peuvent se résumer ainsi : il y avait bien un avion de ligne volant à basse altitude en direction du Pentagone, mais sur une trajectoire inconciliable avec les dégâts matériels, notamment les fameux lampadaires arrachés et l'orientation diagonale des dégâts entre les anneaux E et C.
Cet avion n'aurait pas frappé mais survolé le bâtiment. Cette hypothèse vous paraît-elle plausible ?

T.M. : Permettez-moi d'abord une remarque latérale. Il y avait des lampadaires au sol, mais il ne faut pas en conclure trop vite qu'ils ont été renversés ou sectionnés par un aéronef. Certains de ces lampadaires avaient été démontés les jours précédents pour révision. Certains peuvent avoir été soufflés par l'explosion.

Allons au sujet. Quantité de gens ont témoigné avoir vu ou entendu cet avion. Ce n'est pas nouveau. L'apport de la Citizen Investigation Team, c'est d'avoir reconstitué son trajet et d'avoir montré qu'il ne s'est pas écrasé, n'a pas été abattu et a poursuivi sa route sans encombre.

Ceci soulève deux questions. D'abord, cet avion est entré dans un espace aérien protégé sans être détruit. Ensuite, je ne peux m'empêcher de penser à cette dépêche étonnante de l'AFP : «URGENT Un avion se dirige vers le Pentagone». Comment «un responsable du FBI» pouvait-il savoir qu'un avion se dirigeait vers cette cible, plutôt que vers une autre à Washington ?


K. et I. :La thèse du survol et de la fuite (the flyover/flyaway theory) défendue par le CIT ne serait-elle pas la seule explication capable d'accorder les faits matériels aux témoignages ?

T.M. : Cette question ne s'est jamais posée. D'une part parce que personne n'a jamais contesté que des gens aient vu un avion à proximité du Pentagone, d'autre part parce que les contradictions ne sont pas entre une théorie et des témoignages, mais entre les différents témoignages. Pour faire vite : Donald Rumsfeld est entré en complet veston au cœur de la fournaise et a vu des débris de Boeing calcinés. Il en est ressorti très choqué, mais sa chemise toujours aussi propre. Les pompiers sont entrés au cœur de la fournaise grâce à leurs combinaisons amiantées et ils n'ont pas vu de débris d'avion, ni de trace de kérosène. Qui dit vrai ?


K. et I. : Vous ne développiez pas de théories alternatives dans L'Effroyable imposture. Après avoir envisagé l'explosion d'un camion piégé, garé face au mur d'enceinte ouest du Pentagone, vous êtes rapidement passé à la thèse du missile. Pouvez-vous nous expliquer ce revirement ?

T.M. : Savoir comment avait été perpétré l'attentat du Pentagone ne m'intéressait pas. Cela m'indiffère encore aujourd'hui et je dois me forcer pour en parler. Le sujet de mon étude, c'était de comprendre comment l'interprétation mensongère du 11 Septembre avait pu servir à suspendre les libertés fondamentales aux États-Unis, à s'emparer de l'Afghanistan et à préparer l'invasion de l'Irak.

L'Effroyable imposture est un ouvrage de sciences politiques destiné au grand public. Il est inscrit au programme des étudiants de grandes universités en Argentine, aux Émirats ou en Russie. Il ne traite pas des attentats du 11 Septembre, mais la première partie du livre démontre l'incohérence de la version gouvernementale et l'impossibilité de l'utiliser en droit international pour justifier ce qui a suivi.

Rétrospectivement, on a trouvé quatre erreurs factuelles dans la première partie, consacrée aux attentats. Au demeurant, elles portent sur des points latéraux et n'altèrent pas la validité de mon analyse. Aucune erreur n'a été trouvée dans les parties 2 et 3 du livre consacrées à la politique intérieure et extérieure de l'Empire.

Je ne m'intéressais pas au détail de l'attentat du Pentagone. J'ai simplement relevé que des agences de presse avaient évoqué un camion piégé et, au vu d'une première documentation, mon ami Pierre-Henri Bunel m'a certifié que cette hypothèse était plausible. Comme la polémique prenait de l'ampleur, nous avons cherché à en savoir plus. C'est le commandant Bunel, un expert reconnu ainsi qu'en attestent ses états de service, qui a émis l'hypothèse du missile lorsque CNN a diffusé cinq photos de l'attentat. Nous avons travaillé sur cette hypothèse et constaté qu'elle était la plus probable. Puis, j'ai obtenu des renseignements qui m'ont conforté dans cette direction. Là encore, personne n'a contesté sérieusement l'expertise de Pierre-Henri Bunel publiée dans Le Pentagate. Par contre, un nouveau torrent de boue a coulé sur lui. On a rappelé qu'il avait été jugé et condamné pour espionnage. Et on a caché qu'il avait été arrêté par l'OTAN, puis récupéré par la France et condamné à une peine mineure, selon l'usage lorsque l'on récupère un agent que l'on avait envoyé espionner des « alliés ». Ce que l'on a reproché au commandant Bunel devrait au contraire être considéré comme un glorieux fait d'armes si l'on en croit le jugement du général Michel Roquejeoffre qui n'a cessé de lui témoigner son amitié et son respect.

J'ai réservé notre hypothèse du missile aux ambassadeurs de la Ligue arabe auxquels je me suis adressé lors d'une conférence à Abu Dhabi organisée par le cheik Zayed, président des Émirats arabes unis. Ce fut un moment crucial. À ce moment là, tous les gouvernements arabes, y compris les plus proches des États-Unis, ont révisé leur position politique.

Sur cette lancée, alors même que je ne disposais d'aucun titre, ni mandat, j'ai réussi à rencontrer de nombreux dirigeants politiques et militaires dans le monde, à leur exposer mon travail et mes analyses et en définitive à les dissuader de soutenir la politique belliqueuse des Anglo-saxons qui s'apprêtaient à mettre tout le Proche-Orient à feu et à sang.

Pour terminer de répondre à votre question, ce n'est pas à nous d'établir ce qui s'est passé le 11 Septembre, c'est aux États-Unis, qui ont affirmé au Conseil de sécurité avoir été l'objet d'une agression extérieure, d'en faire la preuve. Concernant l'attentat survenu au Pentagone, ils nous ont raconté qu'il avait été commis en détournant le vol AA77. Le seul argument qui nous est présenté pour étayer cette version, c'est que cet avion a disparu avec ses occupants. Or, rien ne permet de lier cette disparition à l'attentat du Pentagone. D'ailleurs, la compagnie American Airlines a fait jouer la clause "disparition" du contrat d'assurance et non pas la clause "crash".

D'autres éléments ont été évoqués pour relier le vol AA77 au Pentagone. Le 2 avril 2002, le FBI, dans un communiqué dénonçant l'indécence de mon livre, a affirmé avoir décrypté une des boîtes noires et avoir retrouvé de nombreuses pièces de l'appareil portant les numéros de série de Boeing. On a évoqué un hangar où les pièces retrouvées étaient stockées pour reconstituer partiellement l'appareil. Sept ans plus tard, il n'est plus question du hangar ni de son contenu.


K. et I. : Les 5 images rendues publiques en mars 2002 par le Departement Of Defense sont une sorte de "Test de Rorschach", chacun pouvant  y voir ce qu'il souhaite y trouver (Boeing ou missile)
La  principale conséquence de cette vidéo fut d'accréditer l'impact d'un "objet volant" contre la façade du Pentagone. Le mouvement sceptique ne serait-il pas tombé dans le piège d'une opération de désinformation destinée à éloigner les critiques du véritable modus operandi de l'opération ?
Je crois que ces 5 images furent d'ailleurs publiées le jour même de la sortie de L'Effroyable imposture.

T.M. : Cette affaire est une opération de propagande mal calculée. Effectivement les photos ont été publiées par le DoD, lors de la publication de L'Effroyable imposture. Des auteurs étasuniens avaient caricaturé dans leur presse mon travail sur le Net en affirmant que je niais l'attentat du Pentagone. Auto-intoxiqués, ils ont cru qu'ils me cloueraient le bec en diffusant des photos de l'attentat. L'effet a été inverse. Chacun peut constater que ces images montrent une explosion, mais qu'on n'y voit pas d'avion.

Au demeurant, je n'ai pas changé d'avis. Aujourd'hui, l'hypothèse du missile est la seule qui rende compte des faits et soit compatible avec les constations. Elle s'applique à l'explosion principale, celle survenue à neuf heures et demie. Mais nous savons qu'une autre explosion était survenue auparavant, suite à laquelle l'ordre avait été donné d'évacuer partiellement le bâtiment.

Maintenant chacun doit prendre ses responsabilités. Une petite coterie (Pascal Bruckner, André Glucksman, Pierre Rigoulot, Élisabeth Schemla, Pierre-André Taguieff, Philippe Val et quelques autres) accuse les sceptiques de promouvoir une interprétation des faits qui endorme la vigilance de nos concitoyens en minimisant le péril islamique. Dont acte. Pour ma part, je ne pense effectivement pas que la civilisation occidentale soit menacée par quelques barbus fanatiques. A contrario, je vous invite à considérer que les intellectuels qui prétendent, sans aucun élément matériel pour l'étayer, qu'un avion détourné s'est écrasé sur le Pentagone collaborent idéologiquement aux développements impérialistes au Grand Moyen-Orient. Ils portent leur part de responsabilité dans une politique qui a déjà causé la mort de plus d'un million de personnes.

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 10:14
Caleb IRRI

Dans la lutte acharnée du combat contre les libertés, il est de mise désormais d’accoler à 59362_4_reich_148.jpgchaque droit de l’homme un devoir lui correspondant, comme un revers de médaille. A croire que ces deux termes sont opposés et complémentaires comme le sont le yin et le yang.


Pourtant, si on regarde bien ces deux notions, elles ne font pas que se tourner le dos, elles s’anéantissent l’une l’autre : plus il y a de devoirs, et moins il y a de droits. L’essence de l’homme est de jouir de ses droits, et les devoirs sont pour l’Etat : ceux de poursuivre sans relâche la défense des droits des citoyens.

Or un citoyen totalement libre ne devrait avoir que des droits

.

Car le droit est une liberté dont on choisit de bénéficier ou non, et le devoir est une contrainte qui suppose un échange, voire une dépendance. A partir du moment où l’Etat se voit capable d’indiquer aux citoyens non plus leurs droits mais leurs devoirs, à partir du moment où l’Etat se donne des droits sans s’acquitter de ses devoirs, c’est évidemment que le régime a changé sinon de nom, au moins de nature. je n’ai pas aucun souvenir d’un révolution établissant de « déclaration des devoirs de l’homme », et je m’étonne que personne ne s’interroge sur un fait troublant mais néanmoins réel : la seule déclaration des droits de l’homme que je connaisse est bel et bien la base sur laquelle est censée être fondée notre constitution. Si l’on songe aujourd’hui à remettre ces droits en cause, il faudra bientôt changer ou de régime, ou de gouvernement...


Les seuls devoirs que peut accepter l’homme sont ceux qu’il s’impose à lui-même, en toute liberté. A lui de les remplir ou pas, il en est seul responsable, car il en est libre.

Mais en accolant ainsi les devoirs au droits, on voudrait nous faire croire qu’ils sont les deux faces d’un même concept, alors qu’en réalité l’un exclut l’autre. La finesse de nos gouvernants est particulièrement subtile, car en établissant le devoir comme un pendant du droit, ils créent non pas un équilibre, mais la notion de condition. A la condition de remplir ses devoirs, le citoyen peut ensuite bénéficier de droits (qui ne sont donc plus des droits dans leur véritable sens)

Prenons un exemple révélateur, celui de l’aide sociale.


Tout individu avait, jusqu’à présent, le droit de bénéficier d’un revenu minimum lui permettant de vivre plus ou moins décemment. Mais au fur et à mesure que les finances de l’Etat s’enfoncèrent dans le rouge, ce droit fut restreint par des devoirs (contrat d’insertion, recherche effective d’emploi...). avec les lois récentes, les devoirs du sans-emploi s’agrandissent au détriment de ses droits, avec la notion « d’offre raisonnable », qui permet à l’Etat de faire sortir tout citoyen qui en refuse plus de trois. Cela signifie que le droit aux indemnités disparaît peu ou prou, remplacé par la condition de recherche « effective » d’emploi. finies les années sabatiques !


Mais là ou le gouvernement est vraiment fort, c’est dans sa conduite des évènements. Après avoir établi le devoir de recherche et d’acceptation d’une certaine adéquation entre ses aptitudes et le marché du travail, il prépare la deuxième étape en se servant de ces fameux devoirs : celui de suivre une formation pour bénéficier des minimums sociaux. Ainsi, le droit de ne pas travailler sera définitivement supprimé, et en même temps que lui le simple droit de vouloir choisir son travail. Car si la formation se basera dans un premier temps sur les aspirations et les diplômes du « chercheur de travail », une loi suivante imposera sans doute le devoir de la « formation raisonnable », c’est à dire celle qui s’impose selon les besoins du marché.


Pour le reste des actions gouvernementales, il n’est qu’à étendre ce concept de devoirs à tous les services publics pour bien saisir où l’on veut nous conduire : la disparition progressive de nos droits au profit de devoirs, librement consentis par le peuple qui se déssaisit peu à peu de sa liberté, victime du double-langage habilement tenu par nos dirigeants.


En détruisant ainsi l’éducation comme ils s’y attèlent aujourd’hui, il semble même que d’ici à une ou deux générations nous n’ayions plus que le devoir de nous taire, ainsi que celui d’accepter la mise en place d’une nouvelle constitution, basée cette fois-ci sur la « déclaration universelle des devoirs du citoyen ».


Caleb IRRI


URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Les-devoirs-contre-les-droits-la-nouvelle-arme-du-gouvernement.html
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:51

Athènes, début février 2010. Partout dans cette ville de plus de 3 millions d’habitants qui explose littéralement, on rencontre des gens aimables, ouverts, communicatifs et travailleurs. Sont-ils responsables de ce que l’Union européenne cloue leur pays au pilori? Est-ce leur faute si depuis quelques se­maines, leur pays fait la une des journaux de ma­nière si négative? Ou les vrais respon­sables se trouvent-ils ailleurs?

angela

Le 11 février, le président du groupe socialiste du Parlement européen Martin Schulz a, au cours d’une interview au Deutsch­landfunk, déclaré ceci: «Vous avez mentionné les agences de notation qui, semble-t-il, ont abaissé la note de solvabilité de la Grèce. Je voudrais bien parler ce matin avec les chefs d’Etat et de gouvernement [ils se sont réunis le 11 février pour s’entretenir de la crise financière de la Grèce] pour savoir qui sont ces agences de notation et quel intérêt elles ont à déclarer que les mesures sont inefficaces, qu’il faut augmenter le taux d’intérêt des prêts qui seront accordés un jour ou l’autre soit par des pays soit par des banques privées. Quelqu’un va les recevoir, ces intérêts, mais qui? Qui a intérêt à ce qu’on augmente les taux? Les agences de notation. Mais qui sont-elles? C’est une de ces petites questions que je pose en passant car on n’en débat jamais.»


La faute incombe-t-elle aux spéculateurs sur les monnaies?

Rudolf Hickel, spécialiste de gauche des questions financières, a exprimé ses craintes en déclarant le 11 février au Spiegel Online: «Une faillite de la Grèce pourrait causer la ruine de tout le système de l’euro». Selon le média allemand, toute l’agitation à propos de la Grèce a été provoquée volontairement par ceux qui spéculent sur les monnaies, «car les bénéficiaires d’une éventuelle faillite de l’Etat sont avant tout ceux qui spéculent en Bourse sur les monnaies. Selon Hickel, «plus le pays est petit, plus il est livré brutalement aux spéculateurs. […] Après la Grèce, l’Espagne et l’Italie seront dans la ligne de mire des spéculateurs.»


Le capital financier agit de son propre chef

Pour le chef des socialistes européens, c’est un dilemme: d’une part, ils s’accrochent de toutes leurs forces à l’UE et à l’euro pour leurs projets de gouvernement mondial. D’autre part, le capital financier – les res­ponsables socialistes sont toujours à son service – agit de son propre chef et on ne sait jamais avec certitude pour ou contre quoi il se décide dans tel ou tel cas. Actuellement, pas tellement pour l’euro, mais plutôt pour le dollar? On dit que les Etats-Unis vont, cette année, lancer pour 2,5 billions d’emprunts d’Etat. C’est énormément d’argent et la concurrence augmente sur les marchés financiers. En tout cas, cela donne un coup de fouet aux affaires. Hickel dit simplement: «Les spéculateurs ne visent pas un cours particulier de l’euro qui reflèterait adéquatement l’activité économique. Ils tirent beaucoup plus de profits d’un cours extrêmement instable.» Selon la Neue Zürcher Zeitung du 11 février, la Bourse des marchés à terme de Chicago, qui est déterminante pour le négoce des dérivés monétaires, parie actuellement plus que jamais contre l’euro.

La suite sur MECANOPOLIS

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 20:03

Le médiateur de la République voit la France en noir

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Le médiateur de la République, bientôt remplacé par un "Défenseur des droits", dresse un sombre tableau de l'état de la société française, dans un dernier rapport annuel à la tonalité exceptionnellement politique. 

L'institution du médiateur de la République a été créée en 1973 pour évaluer les relations entre les Français et leurs administrations et services publics, et pour tenter d'en corriger les dysfonctionnements les plus criants.

"Notre société est fracturée mais jamais cette réalité n'a été aussi aiguë", écrit Jean-Paul Delevoye en introduction de son rapport remis mardi au président Nicolas Sarkozy.


Il perçoit un sentiment d'injustice "mêlant angoisse et rancoeur, prêt à se déverser dans les pires exutoires".

Pour l'ancien ministre RPR (ancêtre de l'UMP) et ancien président de l'Association des maires de France, le premier fossé entre les citoyens et l'État est celui creusé par une législation d'une complexité croissante.

La conséquence, écrit-il, en est que "les administrés méconnaissent leurs droits, en mesurent mal la portée et ont souvent du mal à les respecter".


Face à eux, les fonctionnaires peinent à appliquer la loi et à comprendre la finalité de leurs actions, se considèrent comme de simples pions dans un système qui les dépasse et leur impose sa force d'inertie, et cèdent à la tentation d'une application des textes "plus formelle qu'humaine", poursuit le médiateur.

"Cette rupture est accentuée par l'agressivité ou la violence, qui prennent peu à peu le pas sur le respect de l'autre", souligne Jean-Paul Delevoye.


S'y ajoute, selon lui, l'impression pour le citoyen d'être "ballotté" par d'incessants changements censés l'avantager mais qui lui semblent toujours à son détriment.

Il estime ainsi que la réorganisation d'Electricité et de Gaz de France (EDF, GDF) au nom de l'ouverture à la concurrence a débouché pour l'usager sur "un recul qualitatif de l'offre de services", voire sur des préjudices.


CULTURE DE LA PERFORMANCE


"L'impact de la crise est venu aggraver la situation, accroissant le contraste entre la richesse collective de la France et la situation des moins favorisés", ajoute-t-il.

"Jamais le risque de basculer dans la précarité n'a semblé si grand à autant de nos concitoyens."

Face à cette détresse, l'efficacité des politiques de solidarité décline, au point même d'infliger des blessures supplémentaires, déplore Jean-Paul Delevoye.


Il montre aussi du doigt les excès de politiques qu'il juge au demeurant nécessaires, comme la lutte contre la fraude.

Le durcissement du régime de la preuve peut ainsi placer des "honnêtes gens" en position de "présumés coupables", écrit le médiateur, pour qui "il n'est pas possible de vivre dans un système où l'administré fait figure d'éternel suspect".

Il déplore une "distorsion de plus en plus marquée entre la réalité vécue par les administrés et le reflet qu'en donnent les multiples indicateurs" utilisés par l'Etat, égratignant au passage une culture du résultat chère à Nicolas Sarkozy.

"Imprégner l'ensemble de la sphère publique de la culture de la performance, pourquoi pas ?", écrit Jean-Paul Delevoye. "Encore faudrait-il que ces indicateurs soient pertinents et n'aient pas pour seule finalité de satisfaire une hiérarchie ou de servir de faire valoir médiatique."


Alors que l'excellence et l'exemplarité de l'action et des acteurs publics sont seuls susceptibles de reconstruire une confiance "qui fait aujourd'hui tant défaut", le politique "peine à convaincre de son impartialité", estime-t-il encore.

Quant à la rationalisation des administrations, elle a par trop tendance, selon lui, à se traduire par une standardisation des réponses et un traitement de masse des dossiers, alors que les usagers sont en quête de traitements plus personnalisés.

A contre-courant de la tendance actuelle de l'exécutif, il invite les pouvoirs publics à se garder de la précipitation dans la réorganisation des services publics.


En 2009, le nombre d'affaires transmises au médiateur de la République a augmenté de 16 % par rapport à 2008, avec un total de 76.286 affaires reçues et 43.481 traitées.


 

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 13:40
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:36




1. Quand, alors que tu navigues sans savoir où tu vas, tu trouves une terre, affirme que tu l’as découverte et extermine tout ses habitants.

2. Si, une fois les habitants exterminés, tu ne trouves personne qui travaille gratis pour toi, enlève des centaines de milliers d’africains et convertis les en esclaves, jusqu’à avoir une proportion de 8 esclaves pour un colon.

3. Pour les dompter, donne leur du fouet dans le dos et de la religion dans le crane pour les forcer à adorer leurs exploiteurs

4. Viole les esclaves et confie aux mulâtres qui naissent les pires taches de répression envers leurs frères.

5. Afin de mettre en évidence la supériorité morale des maîtres, remets le pays aux mains des flibustiers de l’île de la Tortue commandés par le pirate Du Casse, en 1697

6. Augmente l’exploitation jusqu’à ce que Haïti, en 1791, produise 89 000 tonnes de sucre, plus que la Barbade, la Jamaïque et Cuba réunis, tout en t’assurant que pour les producteurs, la vie soit la plus amère du monde.

7. Proclame la Liberté, la Fraternité et l’Egalité dans la métropole française en 1789, mais quand les esclaves se soulèvent pour réclamer la même chose en 1791, envoie une expédition de 40 000 hommes (en 1801) pour empêcher que les haïtiens soient traités en tant qu’hommes et citoyens

8. Accepte en 1816 l’aide généreuse de Haïti pour obtenir l’Indépendance de l’Amérique Latine, mais oublie de l’inviter au Congrès de Panama en 1826.

9. Après que les esclaves se soient soulevés et aient vaincu les 40 000 envahisseurs en 1804, attends jusqu’en 1826 pour reconnaitre leur Indépendance, en échange d’une indemnisation de 150 millions de franc-or qui doivent être payés, non pas aux esclaves, mais à leurs anciens maitres.

10. Attends que cette dette détruise ce qui n’a pas été dévasté par la guerre de libération, et favorise en 1915 une invasion des Etats-Unis, qui occupent le pays jusqu’en 1934.

11. Pendant cette occupation militaire, augmente les privatisation: privatisation de la Nature (en 1925 60% des forêts étaient détruites, aujourd’hui 98%), privatisation de la société (80% de pauvreté), privatisation de l’éducation (52% d’analphabètes), privatisation de la santé (mortalité infantile de 110 pour mille), privatisation de la terre (70% des agriculteurs ne possèdent pas de terre), privatisation de la sécurité sociale (les pensions de vieillesse et le droit de grève sont abolis), privatisation des salaires (1,50 dollar par jour), privatisation des bénéfices (les investisseurs obtiennent des retours sur investissements de 500%), privatisation du commerce (70% des exportations sont pour les Etats-Unis), privatisation des iles (les îles Tortue et Cayemites furent données), privatisation des droits de l’Homme (30 000 opposants disparus en 15 ans), privatisation du sang (qui est acheté 3 dollars le litre et revendu 25 dollars le litre.)

12. Au moment de retirer les troupes, laisse le pays occupé par des dynasties de dictateurs brutaux qui assassinent tous ceux qui luttent pour améliorer le niveau de vie, pour les réformes sociales ou pour la démocratie.

13. Si un candidat gagne des élections démocratiques, appuie un coup d’Etat qui le renverse, l’enlève et l’exile.

14. Après le Coup d’Etat, privatise la « Minoterie d’Haïti » et « Ciment d’Haïti », les entreprises de blé et de ciment, et vends les à une entreprise de Kissinger, pour qu’en cas d’urgence les haïtiens n’aient ni pain ni ciment pour reconstruire leur pays.

15. Si le dictateur qui a envoyé le démocrate en exil est démis par le peuple, envahis de nouveau Haïti avec 18 bateaux de guerre, 2 porte-avions nucléaires, des dizaines d’hélicoptères Blackhawk, des véhicules blindés et 6000 soldats criant : « Nous ne sommes pas en guerre ; nous venons restaurer la démocratie et apporter de l’aide humanitaire. »

16. Une fois le dictateur restauré, laisse de nouveau le pays occupé par les forces militaires de l’ONU.


17. Si, malgré tout cela, le président élu démocratiquement et démis revient de l’exil et gagne de nouveau les élections en 2001, empêche l’arrivée de toute aide extérieure, impose un blocus, appuie un nouveau Coup d’Etat, enlève le démocrate et envoie-le en exil en Afrique du Sud.

18. Occulte les dénonciations comme celle de Marguerite Laurent, du Réseau Haïtien de juristes, et défenseuse de Jean Bertrand-Aristide, qui soutient que « il a été prouvé que les Etats-Unis ont découvert du pétrole à Haïti il y a des décennies et que, du fait des circonstances géopolitiques de cette époque, ils ont décidé de garder le pétrole haïtien en réserves pour quand celui du Proche Orient sera épuisé. » Ceci est détaillé par le Dr. Georges Michel dans un article daté du 27 mars 2004, dans lequel il résume l’histoire des explorations et des réserves pétrolifères d’Haïti, et dans les recherches du Dr. Ginette et de Daniel Mathurin. Il y a aussi des preuves que ces mêmes grandes compagnies pétrolières étasuniennes et leurs monopoles d’ingénierie et de sous-traitants dans la Défense ont fait des plans, il y a des décennies, pour les eaux des mouillages de Haïti, ou bien pour des raffineries de pétrole ou bien pour développer des endroits de stockage pour le pétrole brut, qui serait ensuite transbordé a des petits bateaux pétroliers pour approvisionner les Etats-Unis et les ports des Caraïbes. Tout ceci est détaillé dans un document sur la Dunn Plantation de Fort Liberté à Haïti (Cintia McKinney: Global Research).

19. Utilise contre le pays, sans déclaration de guerre, tout le répertoire des armes psychologiques, chimiques, bactériologiques, virales, climatiques et tectoniques que peuvent produire les laboratoires du mal.

20. Quand le désastre naturel s’abat sur un peuple qui a supporté tant de catastrophes politiques et sociales, occupe ses aéroports et ses points stratégiques avec des unités de la IVème flotte, de la 82ème division aéroportée, 20 000 marines armés et 3500 soldats supplémentaires de l’ONU, pour empêcher l’arrivée de secours, terminer avec les balles ceux que le séisme n’a pas exterminé et convertir le pays en base militaire.

Une fois le pays de retour à l’esclavage, n’oublie pas que ce manuel est à format unique et s’applique à tous les pays du monde, chacun son tour.


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Article en espagnol ici

Traduit par R.V. avec l'autorisation de l'auteur

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 13:00
par Jérome Duval, Olivier Bonfond

Après avoir plongé dans la misère les peuples du Sud en endettant leurs Etats, le FMI (Fond Monétaire International) s’attaque maintenant aux peuples européens, frappés de plein fouet par la crise capitaliste internationale. Les Agences de notations, outils au service de l’oligarchie financière, jouent quant à elles pleinement leur rôle dans la course à la rentabilité sur le marché de la dette, en n’hésitant pas à sanctionner financièrement les moindres faux-pas des pays affaiblis par la crise. Mais les islandais, en imposant un referendum sur une loi irresponsable et dangereuse, ne comptent pas se soumettre aussi facilement. Le combat est certes déséquilibré, mais il n’est pas fini …

Un modèle néolibéral qui s’écroule

Comme beaucoup de pays dits « riches », l’Islande a joué et a perdu au grand jeu du néolibéralisme. Considéré comme l’un des plus riches pays de l’OCDE, l’Islande a vu son taux de chômage passer de 2% avant l’effondrement du secteur financier en octobre 2008 à 8,2% de la population active en décembre 2009. Aujourd’hui, ce petit pays de 320.000 habitants sans armée, subit de plein fouet la crise financière, avec notamment une dette qui a explosé à près de 320 % du PIB en 2009 |1| .

Après les avoir privatisé en 2003, les trois principales banques (Kaupthing, Landbanski et Glitnir) ont dû être renationalisées de toute urgence en octobre 2008 à la suite de l’implosion du système bancaire. Les échanges sur les marchés d’actions ont même été suspendus plusieurs jours à la Bourse de Reykjavik. L’Etat, qui a déboursé des millions d’euros pour la reprise en main de ces banque |2|, est au bord de la faillite et prévient qu’il ne pourra garantir que les dépôts réalisés en Islande. Pris de panique, les épargnants étrangers réclament leur argent placé dans les succursales à Londres, Berlin, La Haye ou Bruxelles. Après avoir réglé le cas des 34.000 investisseurs allemands auprès de Kaupthing Bank, la plus importante banque du pays, Londres et La Haye indemnisent leurs ressortissants lésés par la faillite de la banque en ligne Icesave, filiale de Landsbanki. Ainsi, quelques 320.000 épargnants néerlandais et britanniques récupèrent en partie leurs placements grâce à la contribution de leur Etat. Quelle belle opération pour le secteur privé : d’une part les responsabilités des banquiers islandais et de leurs succursales à l’étranger s’évaporent via la nationalisation de leurs dettes, c’est-à-dire la reprise de celles-ci par les contribuables islandais, et, d’autre part, les spéculateurs britanniques et hollandais voient leurs placements risqués garantis par leurs Etats respectifs…

Une question se pose : comment l’Etat Islandais, vu l’état de son endettement, peut-il rembourser la Grande-Bretagne et les Pays-Bas sans mettre en péril sa population ? C’est pourtant ce que réclament avec insistance l’Union Européenne, le FMI et les pays concernés : l’Islande doit rembourser quel qu’en soit le coût humain. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas qui insistent pour être prioritaires par rapport à d’autres créanciers, refusent tout compromis au sujet du montant à recouvrer.


Une loi imposée en catimini et qui fait insulte au peuple islandais

Austérité budgétaire, chômage en explosion, attitude agressive du FMI et de l’UE, … ces éléments provoquent une sorte d’électrochoc chez les citoyens islandais. Pendant plusieurs mois, des manifestations comme on en avait plus vu depuis plus de cinquante ans dans ce pays s’enchaînent. Tout comme celui de nombreux mouvements sociaux qui font face à la crise dans le monde, le message des islandais est relativement clair : « la crise, qu’ils la payent eux », « eux » ce sont bien entendu les responsables.

C’est suite à cette pression populaire que le Premier Ministre, Geir Haarde, déclarait fin 2008 qu’«  il y a beaucoup d’arguments légaux qui justifient de ne pas payer ». Dans le même temps, le Parlement adoptait une résolution annonçant que le remboursement serait conditionné aux « capacités de paiement » |3| du pays. De quoi préoccuper, pour ne pas dire angoisser, les bailleurs de fonds, dont le FMI. Ceux-ci agissent alors de tout leur poids en coulisse et renversent rapidement et subrepticement la situation : une loi d’indemnisation, dite loi Icesave |4|, a été approuvée dans la nuit du 30 au 31 décembre 2009 à une très courte majorité (33 voix pour et 30 contre) par le Parlement en pleine fête de fin d’année. Suivant les conseils du FMI, cette loi prévoit l’ouverture aux aides internationales, le rapprochement avec l’Union Européenne en vue d’une future adhésion et la restitution par l’Etat des 3,8 milliards d’euros d’argent public aux gouvernements néerlandais et britanniques (1,3 milliard d’euros aux Pays-Bas et 2,5 milliards d’euros au Royaume-Uni). Le fait que l’Islande puisse, par cette loi, rembourser une dette représentant près de 12.000 euros par citoyen, soit l’équivalent de près de 40% du Produit intérieur brut de l’île en 2009, rassure aussitôt les marchés et l’agence de notation Standard & Poor’s s’empresse de relever la perspective de la note de l’Islande de négative à stable. |5| Rappelons que les agences de notation exercent un vrai pouvoir discrétionnaire sur les finances des gouvernements en influant directement sur les primes de risque et taux d’intérêt : les plus «  riches » et les plus solvables se voient récompensés par de bonnes notes (AAA, par exemple), agissant à la baisse sur les taux et donc sur la somme à rembourser. A contrario, les pays dit « pauvres », présentant un risque élevé d’insolvabilité, reçoivent de mauvaises notes et doivent rembourser plus d’intérêt en contrepartie d’un placement jugé «  risqué ».


Le peuple exige un referendum

Le président Olafur Ragnar Grimsson, après avoir reporté la signature de cette loi en soutenant avoir besoin de temps pour la promulguer, a reçu le 2 janvier 2010 une pétition de plus de 56.000 signatures, soit près du quart des électeurs du pays, demandant de rejeter cette loi et de la soumettre à un référendum. Magnus Arni Skulason, responsable du mouvement de contestation, explique lors de la remise des signatures : “c’est ainsi qu’on lui a remis cette pétition, pour lui demander de rejeter le projet de loi Icesave. Rien que le taux d’intérêt lié au remboursement permettrait de faire tourner notre système de santé pendant six mois.” |6|. Il semble que la pression populaire ait porté ses fruits puisque mardi 5 janvier 2010, le président annonce : "J’ai décidé, sur la base de l’article 26 de la Constitution, de soumettre la nouvelle loi à la nation". Ainsi, comme le prévoit la Constitution en cas de refus du président de promulguer une loi, celle-ci sera soumise à une consultation populaire. Consultation qui aura lieu le 6 mars 2010.


Les sanctions sont immédiates

Il s’agirait de laisser les citoyens décider de leur sort, alors qu’il y a de grande chance pour que cette loi injuste soit refusée ? Les marchés financiers, toujours aux aguets, réagissent au quart de tour et Standard & Poor’s menace, cette fois-ci, de rabaisser la note du pays, tandis que Fitch, l’une des trois autres grandes agences de notation, la dégrade (de BBB- à BB+) avec les conséquences que l’on sait : augmentation des sommes à rembourser pour un pays en difficulté de paiement, incitation à faire de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens, pour, in fine, provoquer une accélération de « l’effet boule de neige » de l’endettement.
De la même manière qu’il impose ses ajustements structurels aux pays du Sud depuis la crise de la dette de 1982, le FMI dicte maintenant ses conditions ou « mesures d’austérité » aux gouvernements européens, afin de rendre prioritaire le remboursement aux créanciers quitte à amputer les budgets sociaux destinés à l’éducation, la santé, aux subventions aux produits de première nécessité, etc.


FMI et Union Européenne, même combat

Face à la situation périlleuse de l’Islande, le FMI et l’Union Européenne jouent de tout leur poids. Le FMI du « socialiste » Dominique Strauss Kahn, qui n’a jamais eu autant à sa disposition pour prêter aux pays en difficulté, attend d’être assuré du remboursement pour débloquer une tranche de prêt faisant partie d’un plan de sauvetage de 5 milliards de dollars monté en octobre 2009. Déjà bien avant l’adoption de la loi par le parlement, l’ultra libérale Union Européenne prévient qu’elle n’ouvrira ses portes de plus en plus hermétiques qu’en cas de soumission via le remboursement aux créanciers. « La Commission européenne a clairement pris fait et cause pour le Royaume-Uni, puisque son Président a indiqué dès le mois de novembre [2009] qu’il n’y aurait pas d’aide européenne tant que le cas Icesave ne serait pas résolu » (…) « l’Europe et le FMI s’apprêtent donc à accomplir un véritable exploit : ravaler un pays dont l’IDH (Indice de développement humain) s’était hissé en quelques décennies au plus haut niveau mondial au rang de pays pauvre… Conséquence : les Islandais, pour la plupart hautement qualifiés et polyglottes et travaillant beaucoup avec les pays nordiques, où ils sont très facilement assimilables, commencent déjà à émigrer (8.000 d’entre eux sont d’ors et déjà partis, ce qui est loin d’être négligeable) » |7|. L’Islande qui avait déposé en juillet 2009, une demande de candidature à l’UE, voit son processus d’adhésion compromis. Début janvier, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, dont le pays vient de prendre la présidence tournante de l’U.E, martèle : "J’espère que les Islandais voient dans l’UE leur projet futur." |8|

La poursuite d’une ligne de crédit du FMI et l’adhésion à l’ultralibérale Union Européenne dépendent donc du remboursement d’une dette impayable pour la population, dette qui, une fois de plus, ne la concerne pas puisqu’il s’agit d’une dette privée devenue publique à la suite d’une faillite bancaire. Comme toujours, socialisation des pertes et privatisations des bénéfices est un leitmotiv du capitalisme. On remarquera d’ailleurs qu’il n’y a jamais autant eu de nationalisation totale ou partielle dans le secteur bancaire mondial depuis que celles-ci sont en difficulté…

La manipulation médiatique se met en marche

Dans un tel contexte de crise, on se doute de l’issue d’un référendum populaire : les islandais dont le quart des électeurs a déjà dit qu’il refusait le paiement d’une dette immorale et injuste rejetteront probablement le texte. Pour les dissuader, la machine médiatique s’est enclenchée : l’éloignement du FMI ou la non-adhésion à l’UE est impensable, un danger que le quotidien « de référence » français Le Monde écarte, « Car Reykjavik veut rembourser » et « le plan de sauvetage du FMI est crucial. Il reconstituerait les réserves de devises et fournirait les liquidités nécessaires au service de la dette envers l’étranger. Par ailleurs, l’adhésion à l’UE permettrait d’obtenir de meilleures conditions d’emprunt ». S’il était besoin de rassurer le lecteur libéral en cas « de victoire du non », le quotidien ajoute : « De toute façon, l’Islande devra respecter les engagements approuvés en août 2009, tant par le Parlement que par la présidence : le remboursement débutera en 2017… » |9|


Les islandais n’ont pas dit leur dernier mot

Les islandais sauront-ils faire face à la déferlante médiatique qui s’annonce et rejeter comme lors du Traité Constitutionnel Européen en Irlande ou en France un projet néolibéral néfaste pour les peuples concernés ? Le FMI et l’U.E reviendront-ils à la charge malgré tout ? Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les citoyens sont en droit d’exiger un audit de la dette et de refuser de payer. L’Islande peut et doit refuser les conditionnalités imposées par le FMI qui s’empoche au passage les intérêts d’une dette illégale. L’intégration à une Union européenne qui est tout sauf au service des peuples, ne doit pas être une condition de plus à la négociation en cours ; elle doit être soumise à référendum. Nous soutenons le peuple islandais dans la répudiation de cette dette et insistons pour la mise en place d’autres mesures, telles que la saisie des bonus et autres avantages fiscaux de la classe capitaliste, pour rembourser les petits investisseurs. Ces derniers ont été trompés par des banquiers qui proposaient d’alléchants taux d’intérêts dans des montages financiers risqués. Pour les autres, spéculateurs en tout genre, ils doivent tout simplement assumer. Ils ont joué et perdu aux jeux hasardeux des marchés, et leurs pertes ne doivent en aucun cas être portées par les contribuables islandais. L’impôt des contribuables islandais doit au contraire servir des politiques visant la justice sociale et le respect de la nature. Par ailleurs, Gordon Brown doit sortir l’Islande de la liste des pays terroristes à laquelle il l’a inclus en octobre 2008 et présenter ses excuses au peuple d’Islande. |10|


Notes

|1| Interview de Mark Flanagan, chef de la mission du FMI pour l’Islande : http://www.imf.org/external/pubs/ft...

|2| s A titre d’exemple, l’Etat islandais a déboursé 600 millions d’euros pour s’adjuger 75 % du capital de Glitnir, le 29 septembre 2009, avant d’en prendre l’entier contrôle quelques jours plus tard.

|3| Lire Olivier Bonfond, Islande : « si la dette ne peut pas être payée elle ne le sera pas » http://www.cadtm.org/Islande-Si-la-...

|4| Les islandais parlent avec cynisme de « Iceslave », slave signifiant esclave en anglais, avec l’idée qu’ils se rendent esclave de cette dette bancaire.

|5| http://www.investir.fr/infos-consei...

|6| Un quart des électeurs islandais signe une pétition contre la loi Icesave, Euronews 03/01/10 : http://fr.euronews.net/2010/01/03/u... Et Pétition contre la loi islandaise sur les dépôts étrangers, Reuters, samedi 2 janvier 2010.

|7| Eva Joly, députée européenne Verts et conseillère pour le gouvernement islandais dans l’enquête pénale sur les causes de la défaillance des banques : http://www.mondialisation.ca/index....

|8| Le Figaro, 8 janvier 2010, http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2...

|9| Londres et La Haye doivent faire preuve de clémence envers l’Islande, Le Monde, 7 janvier 2010, http://www.lemonde.fr/economie/arti...

|10| Le 8 octobre, Gordon Brown a invoqué la législation anti-terroriste de 2001 pour geler les actifs de Landsbanki en Grande-Bretagne et placer l’Islande sur la liste officielle des pays terroristes, aux côtés de la Corée du Nord et de l’Iran afin de mettre le gouvernement sous pression pour l’inciter à rembourser. Offusqués, les islandais ont lancé une pétition « Les Islandais ne sont pas des terroristes » ; elle est signé par plus de 80.000 personnes (http://lisa.indefence.is/?PageID=1505)

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Published by Ferlinpimpim - dans Politique
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