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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 18:13

La Commission européenne a indiqué hier qu’elle s’apprêtait à modifier les « traités de l’Union » afin de pouvoir mettre en place un « fond monétaire européen ». Le nom change mais l’objectif reste le même : permettre à Bruxelles de s’octroyer un pouvoir antidémocratique afin de placer sous tutelle l’ensemble des pays de l’Union européenne.

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Hermann van Rompuy, le président (non élu) du Conseil européen, l’avait annoncé à demi-mots lors du sommet informel des 27 pays membres de l’UE au début du mois de février dernier : « afin d’éviter une contagion grecque, nous allons devoir créer un organe qui aura pour but de mettre en commun la politique budgétaire européenne ».

L’idée a fait son chemin, étonnamment vite. « La Commission est prête à proposer, si possible avant la fin de la présidence espagnole [fin juin], la création d’un fonds monétaire européen qui aurait le soutien des pays de la zone euro, pour aider à l’avenir les pays comme la Grèce confrontés à de graves difficultés financières », a expliqué, hier, le porte-parole d’Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires. Un premier débat devrait avoir lieu dès aujourd’hui au sein du collège.

« Aider les pays comme la Grèce », dans le langage technocratique de Bruxelles, cela revient à placer un État sous tutelle complète par une cascade de mesures drastiques, et de le contraindre ainsi à abandonner sa souveraineté budgétaire.

Il serait naïf de croire que les grecs paient à juste titre les tricheries de leur gouvernement précédent. D’une part, tout indique que la majorité des autres pays de l’union on fait de même – peut-être moins grossièrement – et d’autre part il apparait tous les jours plus évident qu’il s’agit là d’un prétexte habilement utilisé pour obliger l’ensemble des pays de la zone-euro à engager des « réformes » drastiques.

Sans exonérer Athènes de ses responsabilités, il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre que ce sont les mêmes institutions financières qui ont été renflouées avec l’argent des contribuables qui font désormais fortune grâce aux malheurs de la Grèce, et que ce sont une fois encore les contribuables qui vont passer à la caisse. Le plus grave, c’est que, malgré ce qu’on voudrait nous faire croire, cela n’est possible que par la complicités de certaines « élites », au plus haut niveau de nos gouvernements, qui sont les meilleurs agents du nouvel ordre économique mondial qui est en train de se mettre en place.

Une initiative du nouveau Reich Allemand

C’est Wolfgang Schäuble, le ministre des finances Allemand, qui a été hier à l’initiative hier de la création d’un FMI européen. Celui-ci n’a pas tardé a être appelé Fonds Monétaire Européen (FME). « Pour la stabilité de la zone euro, nous avons besoin d’une institution qui dispose des expériences du FMI et de pouvoirs d’intervention analogues », a déclaré sans ambages le ministre.

A peine avait-il lancé l’idée qu’elle a été immédiatement soutenue dans les colonnes du Financial Times Deutschland par Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, ainsi que par Angela Merkel, puis enfin par une source gouvernementale française prudemment réfugiée dans l’anonymat, ces deux dernières manifestant toutefois une certaine retenue (le temps de voir comment tout cela va rebondir).

En proposant ce nouvel « organe », le pouvoir européen ne cherche pas uniquement à régler l’épineuse question du financement des pays de la zone euro en difficulté, mais de faire d’une pierre deux coups en se dotant d’une structure totalement antidémocratique bien commode, puisqu’elle ne sera pas soumise à une quelconque sanction électorale.

Afin de justifier une rigueur généralisée destinée et, sans le dire, de faire payer la crise une deuxième fois à ceux qui la subissent déjà, ce futur « fonds monétaire européen » ne manquera pas d’être l’ultime levier pour contraindre les populations européennes au diktat de Bruxelles.


Spencer Delane, pour Mecanopolis
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 10:37
Esther VIVASarton10189-2647c.jpg


Le modèle alimentaire actuel, tout au long de sa chaîne du producteur au consommateur, est soumis à une forte concentration, monopolisé par une série de corporations agro-alimentaires transnationales qui font passer leurs intérêts économiques avant le bien public et la communauté. Le système alimentaire ne correspond plus aujourd’hui aux besoins des individus ni à la production durable basée sur le respect de l’environnement. C’est un système dont l’ensemble du processus est enraciné dans la logique capitaliste — la recherche du profit maximum, l’optimisation des coûts et l’exploitation de la force de travail. Les biens communs comme l’eau, les semences, la terre, qui depuis des siècles appartenaient aux communautés, ont été privatisés, spoliés des mains du peuple et transformés en une monnaie d’échange à la merci du plus offrant….

Face à ce scénario, les gouvernements et les institutions internationales se sont ralliés aux desseins des sociétés transnationales et sont devenus les complices, sinon les bénéficiaires secondaires, d’un système alimentaire productiviste, non durable et privatisé. La prétendue « préoccupation » de ces gouvernements et institutions (le G8, l’Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale, etc.), face à l’augmentation du prix des denrées alimentaires de base et de son impact sur les populations les plus défavorisées du Sud (1), ne fait que montrer leur profonde hypocrisie en présence d’un modèle alimentaire qui leur offre d’importants avantages économiques. C’est un modèle qui est aussi employé comme un instrument impérialiste de contrôle politique, économique et social de l’ensemble des pays du Sud par les principales puissances du Nord, comme les États-Unis ou l’Union européenne (et par leurs multinationales agro-alimentaires).


Crise alimentaire

La crise alimentaire qui est apparue tout au long des années 2007 et 2008, avec une forte augmentation du prix des aliments de base, met en évidence la vulnérabilité extrême du modèle agricole et alimentaire actuel. Selon la FAO, cette crise alimentaire a réduit à la famine 925 millions de personnes. Comme l’a noté son directeur général, Jacques Diouf, « avant l’augmentation des prix des aliments en 2007, le nombre de personnes sous-alimentées était de 850 millions. Seulement au cours de cette année il s’est accru de 75 millions pour atteindre 925 millions » (2). Un chiffre qui atteindra 1,2 milliard d’affamés en 2017, selon le Département de l’agriculture états-unien (3). Mais en réalité la crise alimentaire actuelle a déjà une incidence directe ou indirecte sur la moitié de la population mondiale, c’est-à-dire plus de 3 milliards de personnes (4).

Car le prix des denrées alimentaires n’a pas cessé de grimper. Selon l’indice des prix des denrées alimentaires de la FAO, ces derniers ont augmenté de 12 % entre 2005 et 2006, de 24 % en 2007 et de près de 50 % entre janvier et juillet 2008. Les données de la Banque mondiale confirment cette hausse : au cours des années 2006-2008 le prix des produits alimentaires s’est accru de 83 %. Les céréales et les autres aliments de base, qui constituent la nourriture de larges secteurs de la population, en particulier dans les pays du Sud (blé, soja, huiles végétales, riz…), ont subi les augmentations les plus importantes. Le coût du blé s’est accru de 130 %, celui du soja de 87 %, du riz de 74 % et du maïs de 31 % (5). Malgré les prévisions favorables de la production des céréales, la FAO estime que les prix resteront élevés au cours des années à venir et qu’en conséquence la majorité des pays pauvres continueront à souffrir des effets de la crise alimentaire (6).

Compte tenu de ces données, il n’est pas surprenant qu’une vague d’émeutes de la faim ait traversé le Sud, car ce sont précisément les produits dont les pauvres se nourrissent qui ont connu la hausse la plus importante. A Haïti, au Pakistan, au Mozambique, en Bolivie, au Mexique, au Maroc, au Sénégal, en Ouzbékistan, au Bangladesh, au Niger… les gens sont descendus dans les rues pour crier « Assez ! ». Certaines de ces révoltes ont provoqué des dizaines de morts et de blessés. Elles ne sont pas sans rappeler celles qui ont eu lieu dans les années 1980 et 1990 dans la Sud contre les politiques d’ajustement structurel imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Un fois de plus, la cause en est l’augmentation du prix des denrées alimentaires, du transport, des services publics… qui a aggravé les conditions de vie de la majorité de la population de ces pays et entravé leur lutte quotidienne pour la survie. L’histoire se répète et les politiques néolibérales laissent derrière elles des millions d’affamés.

Le problème aujourd’hui ce n’est pas le manque de nourriture, mais l’impossibilité de l’obtenir. En fait, la production mondiale de céréales a triplé depuis les années 1960, alors que la population mondiale a seulement doublé (7). Jamais dans l’histoire autant d’aliments n’avaient été produits. Mais pour les millions de personnes qui, dans les pays du Sud, dépensent entre 50 % et 60 % de leur revenu (et même 80 % dans les pays les plus pauvres, alors que dans les pays du Nord on estime ces dépenses entre 10 % et 20 %) pour acheter la nourriture, la hausse du prix des denrées alimentaire les a rendus inaccessibles.


La suite sur Le grand Soir

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 21:33
Cette affaire est une honte sans fond. Alors que tous les politiques se sont ligués pour aider les institutions financières privées en faillitte, c'est au peuple de relever la Grèce, puis ce sera l'Espagne, puis le Portugal, puis...

NOUS!...

L'assassinat des état nations est en marche.


Les mesures d'austérité engagées par le gouvernement grec destinées à économiser 4.8 milliards d'euros ont mis en rogne la population. Les annonces de grève pleuvent et la mobilisation s'amplifie.

Une banderole contre les mesures d'austérité déployée sur le ministère de l'Economie, le 4 mars 2010 à Athènes.

AFP/Louisa Gouliamaki

Une banderole contre les mesures d'austérité déployée sur le ministère de l'Economie, le 4 mars 2010 à Athènes.

A mesures impopulaires, mobilisation populaire.


En Grèce, des milliers de manifestants ont défilé jeudi à Athènes et Salonique contre les mesures d'austérité annoncées la veille par le gouvernement, qui n'a pas exclu un "recours au Fonds monétaire international" pour éviter la faillite.


Environ 7 000 manifestants communistes et de la gauche radicale se sont rassemblés jeudi soir dans le centre d'Athènes, selon la police.

Près de 2 000 personnes ont également manifesté à Salonique (nord), a-t-on précisé de même source.

Les manifestants portaient des banderoles appelant à faire "la guerre à la guerre des capitalistes" et dénonçant les "mesures anti-populaires du gouvernement". Le sol du centre d'Athènes était jonché de tracts appelant les manifestants à faire grève vendredi, jour où doit être voté par le parlement le train de mesures destinées à faire économiser 4,8 milliards d'euros à la Grèce.

Quelque 300 syndicalistes communistes avaient occupé dans la matinée le ministère des Finances, en face du parlement grec.


Au fil de la journée, les annonces de grève de 24H ou d'arrêts de travail pour vendredi n'ont cessé de tomber: le trafic des aéroports grecs sera ainsi paralysé de 12h à 16H locales (10H-14H GMT), les transports terrestres perturbés, et les écoles primaires et secondaires fermées.

Les grandes organisations syndicales du privé, GSEE et du public, ADEDY, ont également appelé à des rassemblements vendredi midi à Athènes, à l'écart d'un autre rendez-vous du Front syndical communiste PAME.


Manifestation à Athénes devant le ministère de l'Economie, le 4 mars 2010.

AFP/Louisa Gouliamaki

Manifestation à Athénes devant le ministère de l'Economie, le 4 mars 2010.

 


Les investisseurs intéressés


Le gouvernement a pour sa part lancé un emprunt obligataire, comptant sur l'effet psychologique de l'annonce du plan destiné à économiser 4,8 milliards. L'émission à dix ans d'un montant de cinq milliards d'euros a fait se ruer les investisseurs pour une demande d'environ quinze milliards d'euros.

Le porte-parole du gouvernement, Georges Pétalotis s'est déclaré "très satisfait" de cette "très grande demande qui signifie quelque chose, est un signe".

Très attendue, l'opération était considérée comme un test de la capacité du pays à rassurer les marchés et à emprunter seul.


Après la Commission européenne, et le FMI, qui s'en était félicité mercredi, le président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet a pour sa part complimenté la Grèce pour ses mesures d'austérité "substantielles".

Il a par contre jugé qu'une aide du Fonds monétaire international (FMI) à la Grèce, autre qu'une assistance technique, ne lui paraissait pas "appropriée".

Le porte-parole grec, Georges Pétalotis, avait auparavant affirmé que "personne ne peut exclure un recours de la Grèce au FMI". "Cela peut nous coûter psychologiquement et sentimentalement, et nous espérons que nous n'en arriverons pas là, mais c'est une possibilité que personne ne peut exclure", a-t-il relevé sur une radio grecque.

Rencontre avec les voisins européens

Alors que le Premier ministre, Georges Papandréou, a indiqué mercredi attendre désormais "la solidarité de l'Europe", Georges. Pétalotis a souligné que pour pouvoir "emprunter comme empruntent les autres pays européens", la Grèce demande à ses partenaires "une déclaration claire et nette", qu'elle est "un pays crédible, sur laquelle tous peuvent compter".


La chancelière allemande Angela Merkel, qui doit recevoir vendredi Georges Papandréou, va lui dire "très clairement" que la Grèce doit résoudre elle-même ses problèmes budgétaires, a de son côté affirmé le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle.

Après Angela Merkel, le dirigeant grec rencontrera le président français Nicolas Sarkozy dimanche à Paris, et sera reçu le 9 mars par Barack Obama à Washington.


L'Express

 

Lire aussi :

 

Si l'Islande refuse de banquer...

 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 23:44
Merci à David, pour le lien.

Cet article de l'ancien président de l'union syndicale des magistrats dans le MONDE mérite d'être lue.
http://refairelemonde.files.wordpress.com/2009/08/nypd-sarkosy.jpg

Nicolas Sarkozy a mis la justice aux ordres, par Dominique Barella

 

Depuis 2003, les indices du refroidissement démocratique sont palpables dans le domaine de la justice, l'année 2009 restera comme celle de l'accélération du processus. La cause en est connue : un président de la République qui pollue l'équilibre des pouvoirs en intervenant à tout bout de champ dans la sphère judiciaire. Un pouvoir exécutif qui accélère comme jamais la concentration dans ses mains de tous les pouvoirs de l'Etat par l'intermédiaire de ses affidés.

 

Au cours de l'année 2009, le pilotage du ministre de la justice par le très écouté et influent Patrick Ouart, conseiller justice de Nicolas Sarkozy, s'est resserré. Il a suivi au plus près les affaires signalées et veillé dans le détail à ce qu'aucune nomination ne vienne perturber la fluidité des communications entre les parquets et l'exécutif. Les procureurs généraux ont assuré le câblage entre les tribunaux et l'Elysée, gros débit et temps réel.

 

S'il faut parler d'effet de serres, ce sont celles de l'aigle exécutif qui se sont abattues sur les parquets, dits de la République, et qui sont devenus du gouvernement. A cet égard, l'abus d'enquêtes préliminaires initiées sous pression de l'Elysée constitue une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des opposants politiques, associatifs et syndicaux qui dérangent le puissant du moment.

 

L'affaire Julien Dray constitue le summum de la manipulation à laquelle s'est prêtée l'institution judiciaire. Ce député de l'opposition découvrait dans la presse les comptes rendus d'enquêtes le concernant préparés par les dizaines de policiers mobilisés. Une instruction n'a jamais été ouverte, ce qui lui a interdit l'accès au dossier pendant la durée de l'enquête. Après des mois de mise au pilori médiatique, le procureur de Paris a condescendu à lui communiquer le dossier le concernant. Le procureur a enfin utilisé contre lui la procédure d'alternative aux poursuites sous la forme d'un rappel à la loi, technique qui empêche la personne concernée de faire valoir ses arguments.

 

Ainsi le procureur, en livreur de l'Elysée, a fait déposer un gros caillou procédural dans les chaussures du parlementaire. Julien Dray redevable mais pas coupable, c'est ce qui risque de rester de cette manipulation froide du parquet au service du pouvoir. Quand les "Foucher" du parquet deviennent des instruments de manipulation la justice perd son âme.

 

L'affaire Clearstream-Villepin constitue tout autant un triste exemple des intrusions du pouvoir exécutif dans les enquêtes. Les mots terriblement insinuants et révélateurs de Nicolas Sarkozy parlant de "jugement des coupables" illustrent la pratique judiciaire d'un président de la République qui s'érige en grand juge de tout. Le syndrome de Saint Louis assimile alors la justice du chêne aux chaînes du pouvoir. Ces dérives signent le retour royal à la justice retenue de la part d'un président qui ne se retient pas d'intervenir dans les affaires.

 

Le contrôle des nominations participe aussi de la normalisation de la justice au sens soviétique du terme. Les membres des cabinets des trois derniers ministres de la justice occupent les postes de chef de parquets locaux et régionaux. Un Meccano est en construction dont le seul but est de permettre la nomination comme procureur de Paris d'un ami du président.

 

Le procureur général de Paris, ex-conseiller de Jacques Chirac à l'Elysée, ex-directeur de cabinet de deux ministres de la justice, deviendrait premier avocat général près de la Cour de cassation. Il laisserait sa place à Jean-Claude Marin, ex-directeur des affaires criminelles et des grâces quand démarrait l'affaire Villepin, et actuel procureur de Paris.

 

Ce dernier poste reviendrait à Philippe Courroye, l'ami, procureur des Hauts-de-Seine, du président de la République qui a classé l'affaire concernant son appartement de l'île de la Jatte. Il ne s'agit là que de la partie visible de l'iceberg des nominations. La justice devient froide comme un bras armé du pouvoir.

 

En cette période de glaciation judiciaire, le magistrat indépendant, se comportant en recours pour le citoyen, est une espèce en voie de disparition. Le pouvoir a su manier la soupe de la promotion et le collier de la dépendance, qui mettent sous pression ceux des magistrats qui tentent encore de faire simplement leur travail. Les primes au rendement, appelées en novlangue de management "primes au mérite" servent aux chefs de cours pour pousser au productivisme judiciaire. En quinze minutes, le jugement est finalisé, le prévenu est transformé en condamné, produit fini de tribunal.

 

Si, au moins, la justice faisait son travail face à l'explosion du nombre des gardes à vue (570 000 par an) voulue par le chef de l'Etat. Presque seuls, les syndicats de police ont eu le bon réflexe républicain en manifestant contre la culture du chiffre en matière pénale. Les parquets, censés vérifier le fondement des gardes à vue, ne les contrôlent que formellement faute de moyens. Leur multiplication aboutit à ce que des hommes et des femmes soient dénudés, enfermés derrières des grilles dans des locaux indignes.

 

Tout citoyen actif ou retraité, pauvre ou riche, jeune ou vieux peut être ainsi humilié dans une froide cellule sans savoir pourquoi. La haute hiérarchie judiciaire ne s'en émeut pas. A-t-on entendu une forte parole des chefs de la Cour de cassation sur ce sujet ? Non. Qu'est donc devenu le rôle de magistrat gardien des libertés publiques tel que le prévoit la Constitution ? Passé par pertes et profits du culte rendu au pouvoir. Pouvoir que les hauts dignitaires de la justice ont applaudi quand, lors de la rentrée solennelle de la Cour de cassation en 2009, le chef de l'Etat leur a annoncé la suppression du juge d'instruction indépendant.

 

Pour achever l'arasement des velléités d'indépendance et transformer la magistrature française en permafrost, le pouvoir a réformé le Conseil supérieur de la magistrature achevant ses tentatives répétées de déstabilisation des juges. Cet organe qui gère la discipline, les nominations et les promotions des magistrats, sera - cas unique en Europe - composé minoritairement de magistrats. Des membres, nommés discrétionnairement et sans aucune transparence par le président de la République et les présidents des Assemblées, y feront la pluie et le beau temps sur la vie professionnelle des magistrats. A l'avenir, combien de courageux magistrats oseront encore défendre le citoyen "de base" contre le pouvoir "d'en haut" ?

 

Ainsi s'achève l'année judiciaire 2009 qui a glacé les défenseurs de l'équilibre des pouvoirs. L'année judiciaire 2010 commence encore par un effet d'annonce du président de la République qui prétend améliorer l'accès des victimes à la justice alors qu'il les a sacrifiées sur l'autel de la nouvelle carte judiciaire et va les priver de juges d'instruction. Seule une prise de conscience collective permettra de sortir de cette régression démocratique.

 

Dominique Barella est ancien président de la formation parquet du Conseil supérieur de la magistrature, ancien président de l'Union syndicale des magistrats.


Source
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 14:33
C'est un article qui jette un doute sérieux sur la communication de la chancellerie à propos de la réforme de la procédure pénale. Alors que la ministre de la justice et des libertés, Michèle Alliot-Marie, reçoit magistrats et avocats pour leur promettre qu'aucune affaire ne sera étouffée, l'avant-projet de loi ressort l'idée d'une réforme du régime de prescription des abus de biens sociaux, qui constitue un chiffon rouge depuis plusieurs années.

De l'affaire Elf à l'Angolagate, plusieurs dirigeants d'entreprises et des hommes politiques ont été condamnés ou sont mis en examen pour des abus de confiance, des abus de biens sociaux ou des recels d'abus de biens sociaux - soit des infractions qui répriment le détournement, à des fins personnelles, des crédits ou biens d'une société. Parmi des cas récents : Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani, Gaston Flosse ou des dirigeants de société comme Casino ou Vinci.


La particularité de ces affaires vient du fait qu'il s'agit de délits dissimulés, qui sont souvent portés à la connaissance de la justice à la fin du mandat d'un dirigeant de société ou d'un homme politique. C'est pour cette raison que la Cour de cassation a imposé une jurisprudence qui fait partir les délais de prescription au moment où les faits ont été révélés. Le projet de loi, au contraire, fait partir la prescription "à compter du jour où l'infraction a été commise, quelle que soit la date à laquelle elle a été constatée".

En contrepartie, la chancellerie propose d'allonger, de trois à six ans, les délais de prescription des délits passibles d'au moins cinq ans de prison. "Nous proposons de doubler les délais de prescription pour les délits de banqueroute, corruption, escroquerie, faux et usage de faux. Nous ne cherchons pas à enterrer les affaires", explique Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la justice. "Pour les abus de biens sociaux, nous inscrivons dans la loi des règles claires sur le point de départ de la prescription qui apporte une sécurité juridique, par rapport à la jurisprudence", poursuit-il.


De l'amendement de Pierre Mazeaud, en 1995, au rapport du magistrat Jean-Marie Coulon sur la dépénalisation des affaires, en 2008, la majorité a fait plusieurs tentatives pour modifier le régime de prescription. Le rapport Coulon fixait le délai de prescription à sept ans. "Nous avions choisi ce délai parce que nos recherches montraient qu'il n'y avait pratiquement pas de cas qui allaient au-delà des sept ans", explique M. Coulon.

Le jour de la remise du rapport, la Cour de cassation examinait les pourvois de l'ancien préfet Jean-Charles Marchiani, condamné pour recel d'abus de biens sociaux pour des faits commis de 1991 à 1994, mais révélés en 2002. L'avocat général avait relevé : "Si l'on avait appliqué les recommandations de la commission Coulon, on aurait dû jeter ce dossier à la poubelle judiciaire."

"Mettre un butoir n'est pas anormal en soi, explique le juge d'instruction financier, Renaud Van Ruymbeke, on ne peut pas faire de l'archéologie judiciaire. Mais six ans, c'est court, surtout pour des affaires qui nécessitent des vérifications à l'étranger." Dans l'affaire des frégates de Taïwan, l'instruction a été ouverte en 2001, alors que ce marché d'armement a été conclu en 1991. "Avec ce nouveau régime de prescription, on aurait pu poursuivre que les derniers paiements de rétrocommissions, sans pouvoir remonter à l'origine."


Le nouveau régime ne concerne pas que les délits importants. Juge d'instruction à Arras, Virginie Valton, membre de l'Union syndicale des magistrats, cite le cas d'un homme qui s'est constitué partie civile pour abus de confiance. Il avait découvert, des années après, que son tuteur ne lui avait jamais restitué l'argent de ses parents à sa majorité.

"La suppression du juge d'instruction nous inquiète car les affaires financières ont souvent une coloration politique, explique la présidente de l'Association des actionnaires minoritaires, Colette Neuville. On est en train de supprimer le juge indépendant sur la ligne d'arrivée. Voilà qu'on nous supprime le point de départ avec la réforme de la prescription !"


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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 12:29
par Agata Kovacs

Sarkozy voudrait paraître intraitable avec les paradis fiscaux. La preuve, son gouvernement vient de publier une infamante « liste noire » des pays « fiscalement non coopératifs ». Impressionnant ! Sauf que remarquent les experts, 18 États mis à l’index sont surtout de petites îles des Antilles et du Pacifique qui n’abritent que peu de fonds français. Pourtant, les grandes entreprises françaises du CAC40 continuent de planquer en toute impunité des fortunes dans les paradis fiscaux de la Grande-Bretagne et des États-Unis.

sarko

Plus question de stigmatiser la Suisse, contre laquelle le ministre Éric Woerth avait brandit en novembre dernier une liste de 3′000 supposés fraudeurs fiscaux français qui auraient planqué leurs économies dans les banques helvètes. La liste s’est avérée être bidon et son voleur, Hervé Falciani, ex-employé de la banque HSBC à Genève, un mythomane qui voulait se venger après son licenciement.

Déclarations sans lendemain de Sarkozy…

Depuis le début de la crise, Sarkozy n’a pourtant pas été avare de grandes phrases ou de coups de menton. « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est terminé ! », avait-il par exemple asséné, le 22 octobre 2009, à Laurence Ferrari (TF1) et à David Pujadas (France 2) à la veille du G20 de Pittsburgh. Six mois plus tôt, au G20 de Londres, il proclamait déjà : « L’ère du secret bancaire est révolue ! »

Alors, fini le triangle des Bermudes de l’économie mondiale, refuge de la corruption, de l’argent sale  et des produits financiers toxiques ? Terminé cet escamotage de milliards de recettes fiscales que tous les contribuables non initiés finissent toujours par compenser ? Un tout récent ouvrage du journaliste Xavier Harel, « La grande évasion » (éditions LLL), apporte une réponse frustrante : Sarkozy n’a rien changé et ne ne changera dans un proche avenir. Pourquoi ? Parce que personne ou presque ne le souhaite !

La suite sur MECANOPOLIS

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 10:29
Le Parlement européen a annoncé mardi avoir infligé une amende de quelque 3.000 euros à l'eurodéputé britannique Nigel Farage, qui a comparé le 24 février le nouveau président de l'Union européenne, le Belge Herman van Rompuy, à une "serpillière humide".
http://i.telegraph.co.uk/telegraph/multimedia/archive/01585/Nigel-Farage_1585806c.jpg

Nigel Farage, chef du parti UK Independence Party qui demande le retrait de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, a refusé de s'excuser pour ces propos. La présidence du Parlement européen a condamné mardi le comportement "incorrect et irrespectueux" de l'eurodéputé, qui va perdre dix jours d'indemnités parlementaires journalières, à 298 euros par jour.

Dans une lettre au président du Parlement européen Jerzy Buzek, le Premier ministre belge Yves Leterme lui a demandé le 25 février de veiller à ce que de tels propos "diffamatoires" ne soient plus proférés devant l'assemblée.

Spécialiste des attaques au vitriol, Nigel Farage est coutumier des diatribes contre les responsables de l'UE devant l'assemblée et les caméras. Le 24 février en séance publique, cet eurosceptique s'en est pris en particulier au discret Herman van Rompuy, dont la nomination en novembre dernier au nouveau poste de président de l'Union européenne avait suscité une certaine surprise.

Nigel Farage l'a d'abord traité d'"assassin tranquille" de la démocratie en Europe, avant de hurler: "Vous avez le charisme d'une serpillière humide et l'allure d'un petit employé de banque".

"Personne en Europe n'a entendu parler de vous! (...) Le peuple d'Europe doit vous limoger", a ajouté le Britannique, que le président de l'Assemblée a tenté en vain d'interrompre. "Vous semblez mépriser le concept même des Etats-nations. Peut-être parce que vous venez de Belgique, qui, bien sûr, est à peu près un non-pays", a poursuivi Nigel Farage.

Herman von Rompuy est resté stoïque, expliquant ensuite avoir refusé "de s'abaisser" au niveau de Nigel Farage en répondant.

Source


Une serpillère peut-elle vraiment s'abaisser?...
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 23:31
Je suis en train de re-re-re-re-regarder cela... Un grand souffle de Vérité, un grand souffle de vie... D'espoir.

Il faut lutter, ensemble.


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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 20:02
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 12:35
Grégoire SOUCHAY
http://perspectivesgeopolitiques.files.wordpress.com/2008/12/hugo-chavez.jpg

(introduction de la publication originale) : Hugo Chávez, élu le 6 décembre 1998, est président du Venezuela depuis le 2 février 1999. Sa présidence a été synonyme de changements, dans le discours, dans les politiques suivies, mais aussi, et plus largement, dans la société vénézuélienne. Il est difficile de pouvoir compter sur les grands médias, français ou autres, pour nous renseigner sur la nature de ces changements (1). Pour ce dossier, nous avons donc demandé à deux observateurs privilégiés de la réalité vénézuélienne de nous proposer un bilan des onze ans de gouvernement d’Hugo Chávez. La première, Anne-Florence Louzé, vient de soutenir une thèse de science politique sur « Peuple et pouvoir dans le Venezuela de Hugo Chávez. Une voie d’avenir pour la démocratie ? ». Le second, Grégoire Souchay, est étudiant en journalisme à l’Université Toulouse I. Il vient de passer quatre mois au Venezuela à travailler pour la chaine de télévision publique communautaire Vive Tv (2). Deux points de vue donc, avec leurs points communs et leurs différences.

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C’est en 1998, dans un paysage mondial des alternatives à la « fin de l’Histoire » (3) dominé par le credo de « changer le monde sans prendre le pouvoir » (4), que naît au Venezuela la révolution bolivarienne, du nom de Simon Bolívar (1783-1830), héros de l’indépendance du pays au XIXe siècle. Alors que l’on s’enthousiasme pour les expériences zapatistes (Mexique), les contre-sommets (Seattle) et autres forums sociaux (Porto Alegre), surgit au Venezuela un nouvel élan populaire démocratique comme on n’en avait pas vu depuis le Chili d’Allende, dans les années 70.

Au début, on a regardé, intrigués, ce pays jusqu’alors inconnu. En 2002, alors que sont mises en place les premières réformes sociales (programme d’alphabétisation, santé), l’opposition vénézuélienne tente un coup d’État, appuyé par les classes privilégiées et par le pouvoir médiatique. Le coup échoue. On laisse alors dans son coin le Chiapas et l’on commence à regarder Caracas avec beaucoup d’intérêt : expropriations, nationalisations, réforme agraire... Le mouvement s’étend même internationalement (Bolivie en 2005, Équateur en 2007). Tout allait bien, jusqu’à ce que l’on commence à douter. D’un côté, les médias inondent le monde de leur (dés)information en parlant de populisme, d’atteinte aux libertés, tandis que de l’autre, les « purs » révolutionnaires parlent d’une « couche de peinture rouge sur un capitalisme d’État rentier » (5), et d’une bureaucratie stalinienne. Dernièrement, on a encore ingéré les grossiers mensonges sur le prétendu contrôle de l’internet et les penchants pour la théorie du complot du « dictateur sanguinaire ».


Quoi que l’on en dise en Europe, tout cela n’a absolument rien à voir avec la réalité concrète, vécue par les Vénézuéliens, seuls véritables acteurs (et surtout actrices) du processus, qui, face à toutes les attaques, de droite comme de gauche, de l’extérieur comme de l’intérieur, continuent leur aventure révolutionnaire. Il suffit de suivre au hasard trois expériences en cours pour être pleinement convaincu que si révolution bolivarienne il y a, c’est aujourd’hui plus que jamais.


Vive la Commune... bolivarienne

La première des victoires révolutionnaires au Venezuela a été de rendre leur dignité à ceux à qui on l’avait volée pendant des décennies : pauvres, travailleurs, paysans, femmes, Indiens... Le meilleur moyen pour cela était de donner au peuple un pouvoir d’action. En a résulté l’Assemblée constituante de 1999 qui a fait émerger un nouveau texte fondateur, proclamant une « démocratie participative et protagonique ». Derrière ces mots ne se cache que l’essence de l’idée démocratique comme nous la connaissons depuis les Lumières : « pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple ».


Cela s’applique au Venezuela avec les conseils communaux. Cette structure permet d’organiser collectivement la population afin de concrétiser des projets à échelle locale (électricité, gaz, eau, logement...) financés par l’État mais organisés par la communauté. Selon les statistiques du ministère en charge, il en existe aujourd’hui 34 000 répartis sur tout le territoire. L’on peut ainsi voir, au cœur de la capitale, dans les quartiers du 23 de Enero ou de Gramoven, des communautés autogérer la construction d’infrastructures et de logements ; ou dans la bourgade de San Francisco de Yaré, une Assemblée constituante municipale (6). Mais l’on trouve également ailleurs de la manipulation politicienne, de la corruption à tous les niveaux, de l’inaction et de l’inefficacité.

C’est pourquoi est actuellement débattue une loi organique de réforme des conseils communaux. Parmi les nouveautés : possibilité de révocation des mandatés n’accomplissant pas leur tâche, contrôle renforcé des finances avec formation professionnelle à la gestion budgétaire par des agents spécialisés...


Plus encore, cette nouvelle loi va créer le cadre légal pour une nouvelle entité : les communes socialistes : une fois fortifiées, les communautés cherchent à s’étendre et s’unir avec leurs voisines pour mener des projets de plus grande ampleur, jusqu’alors uniquement sur le plan technique. Cela restait insuffisant au niveau structurel. Aussi, regroupant plusieurs conseils communaux, les communes socialistes auront vocation à non seulement coordonner les projets pour les communautés, mais également à exercer directement le pouvoir politique en association avec la municipalité, avec des règles de fonctionnement de démocratie directe et participative. À la différence des conseils communaux, les communes s’affirment comme socialistes, non comme « organe du Parti », pour bien marquer qu’elles sont la structure politique à la base du pouvoir populaire. Sans en avoir la caution officielle, ce type d’organisation existe déjà, avec par exemple l’usine de sardine La Gaviota, dans la ville de Cumaná, passée de la direction privée au contrôle ouvrier grâce à la mobilisation communale (7) ; ou ces conseils communaux qui aident les paysans à cultiver collectivement leurs terres pour subvenir aux besoins alimentaires dans la région de Cojedes (8).

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C’est la rente finale… La question du pétrole

Avec les découvertes récentes de nouveaux gisements, le pays dispose de la première réserve mondiale d’or noir, devant l’Arabie Saoudite. C’est l’unique – ou presque – ressource économique de la révolution bolivarienne. La crise mondiale de 2009 l’a rappelé, le pays a subi une importante récession (- 3%). Conséquence : les budgets sociaux ont continué d’augmenter (et le niveau de vie avec) et le chômage de baisser (et la pauvreté avec). Mais le problème structurel demeure. Les acteurs de ce processus tirant aussi les conséquences de leurs échecs, début janvier, le gouvernement a choisi d’opérer un véritable tournant dans sa politique économique, avec pour point d’appui une mesure de dévaluation de la monnaie. L’objectif est d’en finir avec les taux de change parallèles créant une inflation démesurée mais surtout, de créer une véritable économie productive. Est ainsi créée la Corporation des marchés Socialistes (COMERSO) qui organise la production par le secteur public de biens de consommation courants, nourriture, voitures, vêtements, à des prix accessibles aux classes populaires. Un grand programme de d’investissement est lancé pour financer l’expansion des productions non-pétrolières et pour remplacer les importations par des productions nationales.


En plus d’être productives, les entreprises nouvellement créées seront socialistes au sens où elles permettront la participation directe des travailleurs au processus de décision politique dans l’entreprise avec les conseils ouvriers – structure qui n’existe pas encore légalement même si elle est déjà utilisée. L’exemple pionnier de cette nouvelle économie est l’« arepera socialista » (boulangerie socialiste) du centre de Caracas, qui propose tous les jours un typique repas de base, pour trois fois moins cher que dans la restauration privée, tout en réalisant une marge de bénéfice, permettant de financer le développement du projet (9). L’usine de production sociale dans l’État de Guárico où la production de farine est vendue directement à la communauté sans intermédiaires, à prix solidaire, en est un autre exemple (10).


Une révolution bio-incompatible ?

Avec la Bolivie et Cuba, le Venezuela est le seul État à avoir dénoncé internationalement avec autant de fermeté la responsabilité des pays riches dans les destructions environnementales, avec cette formule qui fera date : « Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé » (11).


Le Venezuela pollue, car il se développe, comme tout pays en cours de développement. Mais l’ensemble du continent latino-américain n’est responsable que de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (12), alors que le bloc Amérique du Nord - Europe cumule à lui seul plus de 50% de celles-ci (chiffres du ministère de l’écologie). Tous responsables, mais certains semblent l’être plus que d’autres.

Depuis six mois et pour encore quelques temps, tout le Nord de l’Amérique latine, dont le Venezuela, vit une des plus grandes sécheresses de son histoire. Si 70% de l’énergie vénézuélienne est de source hydraulique (énergie très peu polluante), l’alimentation électrique du pays dépend, du coup, énormément du niveau des barrages. Face à cette sécheresse exceptionnelle, l’État a été forcé de prendre des mesures drastiques. Au lieu d’augmenter les prix, celui-ci a choisi une voie plus « populiste » (bien que tout aussi impopulaire) : le rationnement de l’eau et de l’électricité. Tout le monde est concerné : riches, pauvres, administrations publiques, mais également le secteur privé avec en tête l’industrie lourde, les supermarchés et les banques.


Cela s’accompagne d’une intense campagne de communication dans tout le pays, appuyée par une partie des médias privés n’ayant pas entièrement cédé à l’envie irrésistible de pousser le pays dans le chaos, pour faire tomber le « singe » (13). En quelques semaines, la consommation énergétique nationale a diminué de 20% (Telesur, 20 février). Mesure arbitraire qui va à l’encontre des désirs du peuple ? Mais en est-il différemment en Europe, où le thème écologique a en partie émergé sous pression du porte-monnaie vide ? Au final, hormis les secteurs anti-chavistes traditionnels, le plan de rationnement est plutôt bien accepté. Dans les quartiers populaires, l’on a adopté tous les « petits gestes qui font le grand changement » si chers aux écologistes en Europe. Ainsi, la nuit, l’on peut désormais voir les lueurs blanches des millions d’ampoules basse consommation de l’éclairage public récemment installées dans les quartiers pauvres, alors que les jaunes, traditionnelles, continuent de briller dans les quartiers riches. En matière environnementale, il reste une montagne à gravir, notamment celle des déchets, infestant les villes comme les campagnes. Sans oublier la surconsommation, le pays étant en proportion celui avec le plus haut taux au monde de téléphones Blackberry par habitant. Mais défait-on l’œuvre « glorieuse » de deux siècles de capitalisme en une décennie, aussi révolutionnaire soit-elle ?


La pollution mondiale est causée avant tout par les pays riches, mais ce sont les pays pauvres qui sont les premiers touchés par les changements climatiques : sécheresse en Amérique latine, multiplication des cyclones en Amérique centrale et en Asie orientale ou disparition du territoire lui-même comme aux Îles Maldives… Les catastrophes naturelles laissent un nombre autrement plus important de victimes dans les pays du tiers monde que dans le monde développé. De là en conclure que les pauvres payent directement les conséquences de l’irresponsabilité des riches, il n’y a qu’un pas, qu’il est peut être nécessaire de franchir pour comprendre pourquoi la conscience environnementale est indissociable de l’idée de socialisme du XXIe siècle.


Au final, aussi peu visible que ce soit de l’extérieur, ces exemples ne constituent qu’une infime partie de ce qui se joue actuellement au Venezuela. Cette fois, ce n’est plus descriptible, mais l’on peut le sentir dans tout le pays qu’un processus de conscientisation sur le long terme est en train de s’opérer en profondeur.

Conscientisation, le mot fait peur… Mais avons-nous bien conscience dans nos pays si démocratiques de ce qui se joue au travers des médias, des puissances économiques et politiques ? Dans tous les cas, plus de 50% de la population vénézuélienne poursuit actuellement une formation éducative, jeunes, adultes, personnes âgées. On lit, on se forme, critique et auto-critique, pour faire avancer les choses. Il reste un très long travail à accomplir. Il a fallu dix ans pour commencer à réformer l’université où l’on enseigne toujours le néolibéralisme et la « découverte » de l’Amérique en 1492.


Trop lent, trop peu ? On ne change pas les consciences comme on signe un décret. Et pendant que nous sommes occupés à critiquer et à insister sur la moindre faille d’un processus imparfait mais unique, nous en oublions presque de faire ce même travail d’analyse chez nous, où, après avoir théorisé mille-et-une fois la révolution parfaite, nous sommes toujours incapables d’enclencher un quelconque projet global de transformation sociale. C’est peut être le signe de tout ce qu’il nous reste à apprendre d’humilité, comme monde occidental riche, « développé », « civilisé », d’un pays du dit « tiers monde », qui est aujourd’hui toujours en révolution... et qui le restera sans doute pour encore un bon bout de temps.


Reprise d’article : Alter Infos Amerique Latine


Notes

[1] Voir par exemple, « VENEZUELA - Écran nègre, nuit blanche pour les élites », « FRANCE-VENEZUELA - Libération et le Venezuela : désinformation à vie ? », « VENEZUELA - Mr. Langellier prend un aller simple pour le pays des soviets », « VENEZUELA - Martine Gozlan, Axel Gyldén, David Pujadas ou... Oliver Stone : qui est le journaliste ? » – note DIAL.

[2] La majeure partie des liens cités dans les notes renvoient au site web de la chaine, en espagnol et en français : La revolución VIVE.

[3] L’expression est de Francis Fukuyama.

[4] C’est le titre d’un livre de John Holloway publié en anglais en 2002.

[5] L’expression est de Marc Saint-Upéry. Lire la réponse de Luis Alegre Zahonero et Santiago Alba Rico : « Révolution ? Quelle révolution ».

[6] Sur le 23 de Enero, voir « les habitants de la communauté de La Piedrita prennent en charge la construction des infrastructures » ; sur Gramoven et San Francisco de Yaré, voir « Si les exceptions ne confirment plus la règle ».

[7] Voir « L’entreprise récupérée socialiste La Gaviota » ou le documentaire réalisé par l’École populaire et latino-américaine de cinéma (sous-titres en français). L’entreprise a finalement été nationalisée fin novembre.

[8] Voir « Don Toribio, exemple de lutte pour la souveraineté alimentaire ».

[9] Voir « Presidente inaugura arepera socialista ».

[10] Voir « Vie quotidienne d’une usine de production sociale dans l’État de Guárico ».

[11] Phrase prononcée par Hugo Chávez dans son discours aux mouvements sociaux lors de la Conférence sur le climat de Copenhague, le 16 décembre 2009, reprenant un slogan écrit sur une des pancartes des manifestants.

[12] On pourrait au passage rappeler que tous les projets d’extraction minière dans la forêt amazonienne sont suspendus depuis 1998.

[13] C’est ainsi que le président est parfois désigné dans ces mêmes médias.


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http://www.legrandsoir.info/VENEZUELA-Onze-ans-de-revolution-et-maintenant.html
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Published by Ferlinpimpim - dans Politique
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