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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 10:21

1970-1982 : L’écologie de guerre


par Thierry Meyssan*


Le discours environnemental est entré sur la scène politique internationale au début des années 80. Positif par essence, il est vite devenu un attribut indispensable du pouvoir légitime. Les plus importants chefs d’Etat ou de gouvernement se le sont approprié à un moment ou à un autre. Tandis que les multinationales les plus polluantes ont abondamment financé les organes compétents de l’ONU. Dans cet article en trois parties —qui ne fera plaisir ni aux écolos, ni à leurs adversaires—, Thierry Meyssan retrace l’embarrassante histoire de cette rhétorique. Elle a souvent consisté à manipuler les bons sentiments ou la peur de l’avenir pour faire passer des décisions militaires ou économiques contestées.


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Le président Gerald Ford, le secrétaire d’Etat Henry Kissinger et le conseiller de sécurité nationale Brent Scowcroft. Après avoir étudié les conséquences du réchauffement climatique, tous trois ont décidé, fin 1974, que la réduction de la population mondiale serait un objectif stratégique des Etats-Unis.

La conférence de Copenhague sur le climat fut un exemple paroxystique du fossé séparant un événement de la représentation que les médias en donnent.

Avant la conférence, de nombreuses personnalités assuraient que l’apocalypse était pour demain si l’on ne faisait rien et qualifiaient le sommet de « conférence de la dernière chance pour l’humanité ». Mais une fois le celui-ci terminé, sans être parvenu à un accord contraignant, les mêmes personnalités assuraient que ce n’était pas si grave : l’accord serait finalisé lors de futures rencontres et l’apocalypse attendrait après-demain. Les principaux médias ne fournirent aucune explication sur ce revirement et passèrent à autre chose.

Pour comprendre ce qui s’est vraiment passé à Copenhague et ce qui est en jeu à propos de la « menace climatique », nous devons revenir en arrière et nous remémorer l’ensemble du processus qui a produit cette nouvelle idéologie et conduit au show de Copenhague. Il ne s’agit pas ici d’aborder les conséquences des changements climatiques qui, tout au long des siècles, ont poussé les hommes d’une région à l’autre, ni d’anticiper sur les prochains changements climatiques et les migrations qu’ils provoqueront. Nous concentrerons notre attention sur un autre aspect des choses : comment les slogans des uns peuvent-ils devenir des mensonges partagés par tous ? comment la ruse politique peut-elle se cacher derrière l’apparence de la science ? et, en définitive, comment de faux consensus peuvent s’écrouler soudainement ?

En 40 ans, les questions environnementales ont été instrumentées aux fins politiques les plus différentes par Richard Nixon, Henry Kissinger, Margaret Thatcher, Jacques Chirac et Barack Obama. Aucun de ces leaders n’a cru que les variations climatiques sont imputables à l’homme et menacent sa survie. Pourtant, la plupart l’ont dit et ont trouvé un intérêt différent à le dire. Voici l’histoire de l’écologie politique comme champ d’affrontement des grandes puissances.

Le jour de la Terre

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Le secrétaire général des Nations Unies, U-Thant, proclame le « jour de la Terre » pour protester contre la guerre du Vietnam (ici devant la cloche japonaise de la paix, lors de la première célébration).

Tout commence en 1969. Le militant pacifiste états-unien John McConnell propose à l’UNESCO de créer un « Jour de la Terre ». Il devrait être célébré à l’équinoxe de printemps, sous forme d’une journée fériée dans le monde entier, et permettrait de renforcer le sentiment d’unité de l’humanité habitant la même planète.
Ce rêve rencontre le soutien du secrétaire général des Nations Unies, U-Thant. il y voit une occasion de plus de manifester son opposition à la guerre du Vietnam. Pour le diplomate birman, comme pour beaucoup d’Asiatiques, le respect de l’environnement n’est pas dissociable du respect de la vie humaine, il participe d’une recherche de l’harmonie qui exclut la guerre. U-Thant institue ce « jour », mais aucun Etat ne suit sa recommandation. Quoi qu’il en soit, il imagine une petite cérémonie au cours de laquelle, il fait sonner la cloche japonaise de la paix dans le palais de verre et s’exclame : « Puisse-t-il n’y avoir que des jours à venir pacifiques et joyeux, pour notre beau Vaisseau Spatial Terre qui continue à filer et tourner dans l’espace froid avec son chargement chaleureux et fragile de vie » [1].

Washington ne réagit pas directement.

Sans lien apparent avec ce précède, le sénateur du Wisconsin, Gaylord Nelson propose d’appliquer aux questions environnementales US les techniques de mobilisation de la gauche états-unienne contre la guerre du Vietnam. Il proclame le mercredi 22 avril 1970… « Jour de la Terre » [2]

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Le « jour de la Terre », version US, est un moyen pour la classe dirigeante de détourner de leur objectif les militants anti-guerre du Vietnam (ici la « une » du Daily News de New York).

Comme Nelson est démocrate, personne ne dénonce la manipulation. Au contraire, la presse dominante reprend son appel et le soutient. Le New York Times jubile : « La préoccupation grandissante face à la crise environnementale balaye les campus du pays avec une intensité qui, si elle se poursuit, pourrait occulter le mécontentement étudiant contre la guerre du Vietnam » [3]. En définitive, plus de 20 millions d’Etats-uniens participent à l’évènement qui consiste avant tout à nettoyer villes et campagnes des déchets qui les jonchent. Pour le président Richard Nixon et son omniprésent conseiller Henry Kissinger, ce succès est inespéré.

Il est possible de divertir le mouvement anti-guerre et de diriger l’énergie des manifestants vers d’autres combats. L’écologie doit se substituer au pacifisme et au tiers-mondisme. Ce « jour de la Terre », version US, remplacera avantageusement celui des Nations Unies. Le sénateur Nelson appelle les manifestants à déclarer « la guerre pour l’environnement » (sic) [4]. Sous son influence, les associations étudiantes demandent de changer les priorités du moment et de transférer une partie des budgets alloués à la Défense vers la protection de l’environnement. Ce faisant, elles renoncent à condamner la guerre du Vietnam en particulier et l’impérialisme en général [5]

Rapidement, les Républicains font voter des lois sur la qualité de l’air et de l’eau, et d’autres pour développer des parcs naturels et protéger le patrimoine naturel. Le président Richard Nixon créée une Agence fédérale de protection de l’environnement (US EPA), tandis que 42 Etats fédérés institutionnalisent cette manifestation annuelle.

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Le sénateur Gaylord Nelson appelle à déclarer « la guerre pour l’environnement » lors du premier « Jour de la Terre » (Denver, 22 avril 1970). Derrière lui, le drapeau du mouvement, dessiné par Ron Cobb sur le modèle du drapeau des Etats-Unis. A la place des étoiles, un E et un O stylisés font référence à une Organisation pour l’Environnement. La jeunesse est priée de défendre ce nouveau drapeau plutôt que de brûler la bannière étoilée.

L’écologie est désormais une « préoccupation » de Washington et requiert d’autant plus un traitement particulier au plan international qu’il faut neutraliser le mouvement anti-guerre dans le reste du monde.

1972 : Stockholm, le premier « sommet de la Terre » et le Club de Rome

L’ONU organise à Stockholm, en 1972, sa première conférence sur l’environnement humain, ultérieurement connue comme le premier « sommet de la Terre » [6]. Le secrétariat général de la conférence, responsable des travaux préparatoires est confié au Canadien Maurice Strong. Ce haut-fonctionnaire dirigeait l’Agence canadienne de développement international [7], administration sœur de l’USAID et servant comme elle de paravent à la CIA [8]. Strong étant par ailleurs administrateur de la Rockfeller Foundation, il commande à celle-ci le document préparatoire de la conférence Only One Earth. The care and maintenance of a small planet (Une seule Terre : le soin et la préservation d’une petite planète), rédigé par l’économiste britannique Barbara Ward et le biologiste franco-états-unien René Dubos. Il est clair que les ressources de la planète sont insuffisantes pour que l’humanité entière bénéficie du même développement économique. Il faut prendre des mesures conservatoires.

Bien que le sujet ne soit pas encore à la mode, 113 États participent au sommet. Seuls deux chefs de gouvernement font le déplacement : Olof Palme (Premier ministre du pays hôte) et Indira Ghandi (Inde) ; tous deux farouches adversaires de la politique impériale des Etats-Unis et de la guerre du Vietnam. Loin d’abonder dans le sens prévu, ils tirent du constat de la Rockfeller Foundation des conclusions inverses de celles des rapporteurs. Ils affirment que si les ressources naturelles ne permettent pas d’étendre le niveau de développement occidental à l’ensemble du monde, ce n’est pas que le développement pour tous soit impossible, mais que le modèle occidental est inadapté et doit être condamné [9]. Ce ne seraient donc pas les pauvres, mais les riches qui menaceraient l’environnement.

Le témoignage des habitants de l’île japonaise de Minamata —contaminés par des déjections industrielles de mercure via les poissons dont ils se nourrissent [10]— est l’occasion d’une découverte planétaire des dangers d’un capitalisme sans conscience. La conférence affirme que les problèmes environnementaux dépassent les cadres nationaux et les blocs. Ils nécessitent une coopération internationale. C’est pourquoi les participants décident de créer le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE).

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A la clôture de la conférence de Stockholm, le 16 juin 1972, le secrétaire général Maurice Strong (à gauche) salue le président de séance Ingemund Bengtsson.

Les choses étant bien organisées, les Anglo-Saxons récupèrent le sujet en douceur. Ils proposent que la direction du PNUE revienne au fidèle Maurice Strong et que le siège de l’organisation soit implanté à Nairobi (Kenya), où Strong avait débuté sa carrière comme représentant du pétrolier CalTex. Tout rentre dans l’ordre. Les participants de ce premier sommet se donnent rendez-vous dans dix ans pour faire le point.

Le milliardaire David Rockefeller milite pour l’arrêt de la croissance mondiale. Il sponsorise un think tank, le Club de Rome [11]. Celui fait réaliser une étude par l’équipe de Dennis Meadows (Massachussetts Institute of Technologie), qui est publiée sous le titre Halte à la croissance ? et devient un best-seller. Il relance la question posée par Thomas Malthus (1766-1834) : celle de la croissance beaucoup plus rapide de la population et de sa consommation que des richesses produites. Alors que Malthus envisageait le problème à l’échelle des îles britanniques, le Club de Rome l’élargit à l’échelle de la planète. Qu’adviendra t-il de l’humanité si la population continue à croître de manière quasi-exponentielle et si nous consommons les ressources naturelles non renouvelables de la Terre ? À un moment donné, nous devrons affronter la pénurie et notre système s’effondrera.

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Rapport du Club de Rome : The Limits to Growth (version française : Halte à la croissance ?).

La relance du malthusianisme a de quoi surprendre dans les années 70 car, à cette époque, les historiens de la démographie ont déjà largement établi que la croissance de la population varie selon les groupes humains et que le taux de fécondité des femmes diminue considérablement lorsqu’elles ont accès à l’éducation. Peu importe, le Club de Rome s’empare des débats du PNUE et cristallise l’attention sur la question des ressources non renouvelables dans un monde fini.
Au delà des critiques méthodologiques qui ont été formulées à l’encontre des modèles mathématiques non différenciés du Club de Rome, et malgré l’espoir que l’on peut placer dans le progrès des sciences et des techniques pour résoudre le problème, l’opinion publique occidentale s’interroge sur la faiblesse de son système de développement économique ; d’autant plus qu’elle doit affronter au même moment une pénurie temporaire de pétrole lors de la guerre israélo-arabe d’octobre 73.

À Washington, le conseiller de sécurité nationale Henry Kissinger commande un rapport sur la question [12]. Sans surprise, il confirme ce que pense la Maison-Blanche : ce ne sont pas les Etats riches qui posent problème, mais les pays pauvres. On peut y lire : « Nous ne savons pas si les développements techniques permettront de nourrir 8 milliards de personnes, à plus forte raison 12 milliards au 21e siècle. Nous ne pouvons pas être entièrement certains que des changements climatiques dans la prochaine décade ne vont pas créer des difficultés considérables pour nourrir une population croissante, spécialement dans les pays en voie de développement qui vivent dans des conditions toujours plus marginales et vulnérables. Il existe en définitive une possibilité que le développement d’aujourd’hui pointe vers des conditions malthusiennes dans de nombreuses régions du monde » [13]. Sur la base de quoi, Washington décide de conditionner l’aide au développement économique du tiers-monde à des programmes de contrôle des naissances, d’orienter l’action du Fonds des Nations unies pour la Population dans le même sens, et de soutenir certains mouvements féministes dans le monde.

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Le banquier David Rockefeller, co-fondateur du Groupe de Bilderberg, fondateur de la Commission trilatérale, ancien directeur du Council on Foreign Relations et sponsor du Club de Rome.

On désigne le courant idéologique de Rockefeller non comme « malthusien », mais comme « néo-malthusien » parce qu’il préconise la diffusion de la pilule contraceptive et le recours à l’avortement alors que ces solutions auraient horrifié le pasteur Malthus, partisan quant à lui de l’abstinence obligatoire.
Cependant, on comprend mieux cette doctrine lorsqu’on la situe dans son contexte historique. À la fin du XVIIIe siècle la famine sévit en Angleterre. La loi fait obligation aux paroisses de nourrir les pauvres, ce qui provoque l’appauvrissement de la paroisse du pasteur Malthus. Or, celui-ci observe que les pauvres ont une fertilité bien supérieure à celle des riches. Aussi sont-ils de plus en plus nombreux et il est prévisible que la charge qu’ils représentent pour la communauté continuera à croître exponentiellement, alors que les revenus de paroisse ne croissent qu’arithmétiquement. Le moment viendra inexorablement où il ne sera plus possible de nourrir les assistés et où ils feront la Révolution comme en France.
En pleine Guerre froide, les néo-malthusiens suivent le même raisonnement, mais cette fois avec la crainte de foules affamées se jetant dans les bras du communisme soviétique. Ils se livrent à une critique du libéralisme et réclament que le capitalisme soit protégé à la fois par un contrôle étatique de l’accès aux ressources naturelles mondiales et par une diminution autoritaire de la démographie du tiers-monde.

Revenons à la crise pétrolière de 1973. Aux États-Unis et en Israël, on s’inquiète du moyen de pression dont disposent les pays arabes producteurs de pétrole. Henry Kissinger, Edward Luttwak et Lee Hamilton militent pour protéger militairement l’accès des États-Unis au pétrole du Golfe. En 1979, les État-Unis continuent à souffrir de difficultés économiques. À la Maison-Blanche, le conseiller pour les Affaires intérieures, Stuart Eizenstat, préconise de faire de l’OPEC un bouc-émissaire. En définitive, le président Jimmy Carter (membre de la Commission trilatérale, un autre think tank sponsorisé par David Rockfeller et animé par Zbignew Brzezinski) prononce son célèbre discours sur la crise de confiance [14]. Il y souligne la nécessité pour les États-Unis d’accéder à l’indépendance énergétique pour retrouver foi en leur avenir économique. Six mois plus tard, il annonce que l’accès des États-Unis aux ressources énergétiques nécessaires à son économie est élevé au rang de priorité stratégique [15]. Cette décision conduira ultérieurement à la création du Centcom et aux tentatives de remodelage du Grand Moyen-Orient.

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Pendant la guerre du Vietnam, des équipes de l’US Air Force basées en Thaïlande ont conduit une guerre climatique au Laos durant 5 ans. Chaque équipe était composée de 2 C-130 escortés de 2 F-4 (photo prise le 31 juillet 1968 à l’occasion de la 500e sortie aérienne).

En 1975, la chute de Saigon marque la fin de la guerre au Vietnam et dans le Sud-Est asiatique. Le bilan qui en est fait permet de mettre en lumière la guerre environnementale et climatique que les États-Unis ont livré dans cette région. Le Pentagone avait commandé à Dow Chemical et à Monsanto de fabriquer les « herbicides de l’arc en ciel », dont le plus célèbre, « l’agent orange », était à base de dioxine. Ces produits chimiques furent utilisés massivement et sur de longues périodes d’abord pour détruire les rizières et affamer les populations, puis pour détruire les forêts où se cachaient les résistants (Opération Ranch Hand). Au total 2,5 millions d’hectares sont empoisonnés et cinq millions de personnes sont contaminées à des degrés divers [16]. Le Pentagone avait également commandé d’ensemencer les nuages du Laos avec de l’iodure d’argent pour provoquer des pluies torrentielles, allonger la saison de la mousson et rendre impraticable la piste Ho Chi-Minh permettant d’approvisionner la Résistance au Sud-Vietnam (Opération Popeye) [17].
Il est convenu entre les États-Unis et l’Union soviétique qu’avant toute discussion sur les questions écologiques, il est indispensable d’en exclure les guerres environnementales et climatiques. Washington et Moscou rédigent alors sans concertation internationale la Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles. Elle est adopté de mauvaise grâce par l’Assemblée générale des Nations Unies, fin 1976. Le document est écrit de telle sorte que les deux super-puissances se réservent divers moyens de contourner l’interdiction qu’elles viennent d’édicter aux autres. Désormais les guerres environnementales et climatiques n’existent plus —en théorie—. Il est donc inutile d’en parler.


(A suivre : « 1982-1996 : L’écologie de marché »)

 Thierry Meyssan
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 05:42
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La disparition du communisme et la promulgation simultanée du Nouvel Ordre Mondial semblent s'être produite sur un vide idéologique absolu. Pourtant l'Empire mondial qui s'édifie sous nos yeux ne saurait se priver du ciment idéologique qui pourra seul assurer sa pérennité. Les organisations internationales, dont le pouvoir augmente chaque jour, doivent d'autre part légitimer leur existence et la disparition progressive des Etats.

Or une idéologie révolutionnaire émerge silencieusement. L'ÉCOLOGIE , subvertie et détournée de sa fin première, véhicule une conception totalitaire de la nature et du monde. L'homme y est considéré comme un élément " durable " .

Ce renversement de perspective le prive de sa dignité naturelle et fraie la voie aux deux principaux mouvements totalitaires de notre époque : le MONDIALISME et LE NOUVEL ÂGE. Simultanément, on met en exergue les problèmes écologiques globaux, tels l'effet de serre et le "trou" dans la couche d'ozonne, qui imposeraient une collaboration de toutes les nations sous le contrôle d'institutions internationales et d'un pouvoir mondial fort.

Cette nouvelle conception qui fait passer du local au global, du national à l'international, de l'homme à la Nature, nie l'individu face au Tout, les Etats face aux institutions internationales et la société face au pouvoir. Ainsi voit-on apparaître les prémisses idéologiques de l'Empire écologique, dernier avatar du totalitarisme.

En s'appuyant principalement sur les publications officielles d'organisations internationales, l'auteur montre que les conséquences révolutionnaires de ce renversement de perspective se déclinent dans tous les domaines: politique, économique, démographique, mais surtout spirituel, religieux et éthique. La perestroïka et la disparition du communisme, loin d'avoir marqué l'échec de la Révolution ont permis d'effectuer la synthèse entre le communisme et le grand capitalisme et ont fait converger toutes les forces révolutionnaires : communistes, mondialistes et "humanistes".

L'étape révolutionnaire actuelle, qui s'appuie principalement sur la conception de Dieu, de l'homme et du monde véhiculée par une écologie dévoyée, doit aboutir à l'instauration d'une nouvelle civilisation et d 'une spiritualité globale ! Ainsi s'achève la subversion de la véritable écologie, respect dû à l'oeuvre du Créateur.

Ancien élève de l'Ecole Polytechnique, l'auteur poursuit dans cet ouvrage ses recherches sur le mondialisme entreprise dans Machiavel pédagogue.


Trouvé sur Devenir Lucide

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 22:54
Et Vlan, prends ça dans ta tronche de cake...

Clap, clap, clap, clap....


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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 07:42
Samuel METAIRIE
http://www.oeve-lingerie.be/shopping/images/upload/divin-caprice/masque-blanc.jpg

Au tout début de ce mois, j’avais publié sur internet un article intitulé : « Les élections régionales de mars 2010 : un voile démocratique peut cacher une dictature. »

Voici en quelque sorte le second tour…


Je fais partie de ces quelques millions de personnes qui ne se sont même pas inscrites sur les listes électorales, ces brebis galeuses que les ENArchistes et les technocrates considèrent comme trop stupides pour aller s’inscrire. Même pas reconnu juridiquement comme abstentionniste, j’attire donc les foudres des pratiquants de la religion démocratique, qui viennent me dire que mon refus catégorique du vote dans cette république rend ma critique systémique illégitime, que je dois voter pour être en mesure de pouvoir m’exprimer. Faut-il se tirer une balle dans le pied pour pouvoir dire que ça fait mal ? Pourtant, que l’élection soit municipale, régionale, législative, présidentielle ou européenne, il n’y aura jamais de changement (social et populaire) possible par les urnes telles qu’elles sont organisées à l’heure actuelle, car elles constituent un consensus citoyen tacite, un sentiment collectif généralisé d’acceptation à ce système de domination et de spoliation légalement organisée du peuple.


« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Cette citation d’Etienne de la Boétie (1530-1563) vient nous rappeler que de tous temps, le but d’un pouvoir politique (monarchique ou républicain) est d’assurer le contrôle et la servitude de son peuple s’il ne veut pas péricliter. Pour ce faire, ce pouvoir doit obtenir le consentement de son peuple pour ne pas qu’il se révolte, de gré ou de force, cela lui permet alors d’asservir et exploiter toute sa population en toute légitimité. Pour obtenir ce consentement, la recette est simple. Il suffit d’incorporer des années de propagande, et d’endoctrinement journalistique avec la sauce du mythe démocratique qui sévit aujourd’hui dans tous les pays subissant la globalisation néolibérale. En fin de cuisson, une fois que l’on a enlevé au peuple sa liberté de penser par lui-même et que les cerveaux sont atrophiés, prévoir quelques échéances électorales, des bus remplis de forces de l’ordre armées jusqu’aux dents (on ne sait jamais, la crise économique, le chômage, la précarité sont encore de mise même si les éléphants roses sont à l’exécutif des régions), un peu de foi dogmatique consumériste, une once d’émotivité dans les sujets traités sans débats public démocratiques, et enfin une bonne dose d’obscurantisme. Ne laissez surtout pas refroidir et mangez vous ça tout chaud devant votre poste de télévision à 13h. Pardon pour ces propos un peu hautains, mais le traitement des élections du 21 mars 2010 montre bien à quel point il est possible pour la démocrature politique et médiatique de masquer les vrais résultats du vote, qui n’est autre que le plébiscite du libéralisme en France.


En ce premier dimanche printanier de 2010, voila qu’une grande information semble retentir et faire vibrer les enceintes des machines cathodiques à décerveler : la gauche aurait largement remporté les élections régionales. Hum… gauche, vous dites ? Nous savions déjà, depuis François Mitterrand et ses privatisations plus nombreuses que celles de la droite, que la gauche en France ne désigne qu’un grand parti de masse, de fausse opposition et qui a épousé la doxa atlantiste néolibérale lorsque j’étais haut comme trois pommes, dans les années 1985. Assimiler le Parti Socialiste à la gauche de l’échiquier politique est un non sens. Je sais qu’en écrivant ces lignes, je ne vais pas attirer un large lectorat, pire, je vais attiser le feu et attirer les critiques des bobos ne voyant aucuns paradoxes à se dire de gauche tout en allant se gaver au resto puis écluser une bouteille de mauvais whisky en boîte à cent euros pour arroser ses amis le samedi soir. En criant gare à l’écologie en achetant du café commerce équitable du Kenya, en portant des ponchos importés par avion du Népal ou du Pérou. Mais je me lance quand-même dans la fosse aux lions. Le principal parti d’opposition ne fait plus que de l’antisarkozysme primaire, oubliant tout ou partie des revendications sociales, des résistances anticapitalistes au bénéfice des travailleurs et non au Medef et aux multinationales privées dont nos gouvernants sont souvent actionnaires…bref, ce parti n’est plus socialiste, il est cancéreux. En surface, les petits pantins du PS qui se félicitent de cette mascarade électorale, sont contre ce gouvernement ploutocratique. En substance, ceux-là même qui versent dans la conquête de parts de marchés encartés à la rose, voudraient juste que l’argent change de main, pas qu’il soit réparti égalitairement…


Bref, si l’on se penche sur les résultats de ce second tour, on observe un nombre total de 43 354 968 électeurs inscrits (1). Mais avec un taux d’abstention de 48.78%, seules 22 206 420 personnes sont allés voter. Or, au 1er janvier 2010, l’INSEE estime la population française totale à 65 447 374 personnes. Par un simple calcul de pourcentage, (nombre d’inscrits x 100 / population totale) on obtient que seuls 33.9% des français sont allés voter dimanche 21 mars. Le rapport est bien faible, surtout que le processus de dépouillement des voix ne tient pas compte du vote blanc pour le résultat final… 1 013 554 bulletins blancs passent donc à la trappe. En ne comptabilisant que les suffrages exprimés, (48.88%), voila comment la république oublie ainsi 51.12 % des électeurs inscrits qui se sont soit abstenus, soit qui ont voté blanc ! Si je ne m’abuse, c’est donc avec un électorat représentant à peine plus d’un tiers seulement de la population française (33.9%), et moins de la moitié des inscrits (48.8% des suffrages exprimés) que nos élus s’estiment légitimes pour gouverner les régions.


Ensuite, s’il y a quelque chose que les médias masquent dans l’analyse des résultats, c’est bien ce qui se cache derrière le rose bonbon du PS de cette carte de France. Au niveau national, si la « gauche unie » remporte 54.3% des voix, que les alliances des partis de « gauche » récupèrent la majorité des sièges, on ne peut pas affirmer que cette élection est le résultat d’une large défaite de la droite, contrairement à ce que titrent tous les journaux du jour. D’une part, la politique sécuritaire, les licenciements et le processus de démantèlement des services publics continueront de faire des ravages dans le paysage économique, et d’autre part, les valets ministres du sarkozysme vont pouvoir jouer sur la forte abstention pour la récupérer à leur compte. A un tel point qu’aujourd’hui lundi 22 mars 2010, Mr Copé estime qu’il est « temps de solliciter des gens de droite » après la fausse politique d’ouverture. L’UMP a perdu les sièges régionaux, mais pas le pouvoir qu’elle a sur ces mêmes sièges. Elle ose clamer en public au premier tour que si les « français » se sont abstenus, c’est à cause de leur mécontentement envers le PS, et qu’il n’y a donc pas eu de vote sanction. L’arrogance des politiques de l’UMP à rester perchés en haut de leur tour d’ivoire est telle qu’elle est à graver dans les livres d’histoire de la propagande. La droite extrême prend 36%, l’extrême droite frôle les 10%, où est la « très large victoire de la gauche » ? Nulle part.


Dans un contexte où de plus en plus de gens se sentent spoliés et pillés par la politique sarkozyste, par ce virage imposé dans le libéralisme européen géré par les élites économiques de la planète, on ne peut que redouter une montée en flèche des votes frontistes. Le FN, qui semble se redorer le blason s’accommode en effet à merveille de cette défaite sarkozyste. 1 943 463 électeurs ont placé leur bulletin en faveur des listes du FN, et dans certaines régions de l’est de la France, ce même parti rafle 20% des suffrages exprimés. On sait à quoi à servi la mixture UMP que préparaient Éric Besson et le reste de la sarkozie depuis octobre autour du faux questionnement sur l’identité nationale, et de la politique fasciste de l’immigration. Il y a donc de fortes raisons de penser que, comme les frontistes redeviennent une force politique de troisième rang national, la politique autoritaire qui jusque là prévalait sur tous les plans, se renforcera d’ici 2012. D’ici là, j’espère avoir tort. Le socialisme représenté en politique en France est mort, et trop de gens lisent vérité sur les écrans pour que l’avenir soit à l’optimisme. La plupart des électeurs sont des gens qui votent pour l’ordre et la sécurité en recrachant toute la rhétorique de la peur qu’ils ont avalés en presses et journaux télévisés, l’autre moitié sont des gens qui votent à droite en pensant voter à gauche. De temps en temps, l’un bascule un peu plus que l’autre, et inversement à l’élection suivante. Et les médias, dont la force d’action quotidienne maintient le mythe d’un clivage politique gauche/droite, se régalent avidement de ces futilités idéologiques et versent volontiers de l’huile sur le feu en véhiculant l’idée que les masses sont stupides. « Ceux qui ont crevé les yeux du peuple, lui reprochent d’être aveugle » (John Milton, 1642).


Samuel Métairie
http://sam-articles.over-blog.com


(1) http://elections.interieur.gouv.fr/...


URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Elections-regionales-de-mars-2010-acte-II-resultat-d-une-mascarade-elective-supplementaire-au-bal-de-la-democrature.html
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 06:46

Le SNJ-CGT a dénoncé les "menaces scandaleuses et dangereuses" du ministre de l'Immigration Eric Besson, qui a critiqué ce matin sur l'antenne de France Inter la "dérive" de l'humoriste Stéphane Guillon.

"Ces menaces proférées contre le droit à la caricature, contre le droit d'expression et de critique sur cette radio et contre sa rédaction sont scandaleuses et dangereuses", estime le SNJ-CGT dans un communiqué. "Elles sont d'autant plus intolérables pour un ministre qui se fait fort d'être le champion des expulsions des plus démunis, et d'avoir initié le sinistre débat sur l'identité nationale dont le résultat est d'avoir fait la courte échelle aux idées du Front national", poursuit le syndicat.

Eric Besson a dénoncé "la dérive" de Stéphane Guillon qui lui consacrait une chronique ce matin, accusant l'humoriste de "défendre des thèses" politiques. Invitant la station publique a réfléchir à sa responsabilité, Eric Besson a dénoncé "un combat inégal" entre l'humoriste et les hommes politiques qu'il croque à l'antenne.

L'humoriste avait présenté Eric Besson comme "une taupe du Front national", envoyé pour "infiltrer le PS, démissionner et rejoindre Nicolas Sarkozy pour, une fois au gouvernement, manoeuvrer et relancer les thèses du FN". Stéphane Guillon a dépeint ce "Mata Hari" de la politique comme "antipathique" avec "des yeux de fouine, un menton fuyant. Un vrai profil à la Iago" (personnage de traître dans Othello de Shakespeare).

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 17:45
Il va loin et se fait taper sur les doigts, mais clap, clap, clap, clap...

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 12:37


Le rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) fait apparaître une percée significative de l’Allemagne sur le marché mondial des armes conventionnelles [Document téléchargeable au bas de cette page].

En cinq ans, Berlin a doublé ses exportations d’armes et s’est hissé la troisième place mondiale des exportateurs, devant la France et le Royaume-Uni.

La députée Claudia Roth, co-présidente des Verts, a demandé que ce commerce soit désormais encadré par le Parlement.

 

Réseau Voltaire

 

 

En visionnant le tableau des principaux exportateurs d'armes et leurs principaus clients, on est étonné de voir la Grèce acheter 13% des armes allemandes et 12% des

armes françaises.

Sûrement pour se défendre des turques, eux mêmes largement armés par l'Allemagne.

Et comment ils font les grecs, pour acheter ces armes?

Bin, ils empruntent...

 

 

 


Exportateur 1er client 2e client 3e client
1. Etats-Unis 30 % Corée du Sud 14 % Israël 11 % Emirats 11 %
2. Russie 23 % Chine 35 % Inde 24 % Algérie 11 %
3. Allemagne 11 % Turquie 14 % Grèce 13 % Afrique du Sud 12 %
4. France 8 % Emirats 25 % Singapour 21 % Grèce 12 %
5. Royaume-Uni 4 % Etats-Unis 23 % Inde 15 % Arabie saoudite 10 %
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 07:24
Michael MOORE

arton10247-fb441.jpgC’était incroyable. Tous les articles en première page de l’édition du lundi du New York Times racontaient une histoire sur l’Age de la Cupidité durant laquelle le système connu sous le nom de capitalisme nous tuait lentement mais sûrement.

La cupidité des compagnies d’assurance : « Des millions dépensés pour influencer le vote des Démocrates sur la réforme de santé ».


Les profiteurs de la guerre : « Des sous-traitants participent aux recherches et assassinats de militants »

Il n’y a aucun profit à tirer dans la réparation de nos infrastructures : « Coûts faramineux des réparations alors que le réseau de distribution de l’eau tombe en ruines »


La Chine, la banque : « La Chine utilise les Règles du Commerce mondial à son avantage »

Vous voulez dire que ALENA (accord de libre-échange entre le Mexique et les Etats-Unis - NdT) n’a pas amélioré les conditions de vie à Mexico ? « Deux assassinats liés à la drogue secouent le consulat US à Mexico »

Voici ce qui arrive lorsque l’Agroalimentaire tire profit des dégâts occasionnés à la santé de nos enfants : « Fini de glander. La cour de récréation a trouvé un nouveau patron » (article sur les exercices physiques imposés aux écoliers pour leur faire faire un peu d’exercice... - NdT)


Désormais, c’est un défilé quotidien d’informations de ce genre – en fait, ce ne sont pas vraiment des « informations », mais plutôt une manière pour les divisions médias des grandes sociétés de vous mettre le nez dans la merde que votre vie est devenue. Vous savez déjà que les écoles sont un désastre et que la guerre est une aubaine pour les Halliburton et une ruine pour vous. Vous n’avez pas besoin d’un journal pour apprendre que les routes, les lignes électriques et les égouts de votre quartier sont dans un état lamentable.


Et vous avez fini par comprendre que vous n’aviez pas vraiment votre mot à dire et que ce qu’ils appellent le « processus démocratique » n’est en gros qu’une escroquerie, rien que des mots qui sont répétés dans l’espoir de vous faire tomber une fois de plus dans le panneau. Mais on finit par comprendre et ne plus se laisser avoir. Avouez-le : Wall Street possède « notre » Congrès du sol au plafond, avec une bonne grosse caisse bien remplie pour financer les campagnes électorales. Vous voulez avoir votre mot à dire ? Désolé, mais je ne vois pas votre nom dans la liste de Forbes 400 (liste des 400 plus riches publiée par le magazine Forbes – NdT), alors fermez votre gueule et allez me chercher une autre bouteille de mousseux.


Dans quelques jours, la Chambre des Représentants se prononcera sur la loi de la « réforme de santé ». Cette loi n’a rien à voir avec une « réforme du système de santé. » Elle a tout à voir avec le remplissage des poches des compagnies d’assurance. Elle oblige chaque Américain qui n’est pas assez vieux ou pauvre à acheter une assurance santé si son patron n’en offre pas. Quelle compagnie n’aimerait pas que le gouvernement oblige chaque citoyen à acheter ses produits ? Imaginez une loi qui vous oblige à acheter une garantie étendue pour vos appareils électroménagers ! Imaginez une loi qui rende obligatoire la possession d’un iPhone ! Ou que diriez-vous d’une loi qui rendrait obligatoire d’aller voir votre prochain film ? Wow ! Qui n’aimerait pas un tel robinet à fric ?

Eh bien, les compagnies d’assurance – tenez-vous bien – n’aiment pas cette loi de Démocrates ! Ce qui constitue en soi une raison suffisante pour la voter.


Vous pourriez penser que ces escrocs adorent cette loi – mais en réalité ils la combattent. Pourquoi ? Parce qu’elle ne leur offre pas cent pour cent de ce qu’ils réclament. Elle ne leur en offre que... 90% ! Voyez-vous, la cupidité pure et dure exige tout ou rien.


Les compagnies d’assurance détestent cette loi parce qu’elle prévoit quelques limites. Six mois après son adoption, elles ne pourront plus refuser une assurance aux enfants qui auraient déjà un problème de santé. Quelle horreur ! C’est de l’ingérence gouvernementale ! C’est du socialisme !

Mais bon, elles pourront toujours refuser une assurance aux parents de ces enfants jusqu’en 2014 ! Alors si un parent tombe malade et meure dans les prochaines 4 années, je suis certain que quelqu’un se présentera pour élever ces orphelins qui sont déjà assurés.


Et de quel montant sera l’amende pour la compagnie d’assurance qui refuserait de couvrir quelqu’un qui a déjà un problème de santé ? Vous êtes bien assis ? Cent dollars par jour ! C’est tout ! Alors, si vous êtes une compagnie d’assurances, et que Judith est une de vos clientes, et que Judith a besoin d’une opération qui coûte 100.000 dollars, qu’est-ce que vous faites ? Vous payez l’amende ! Admettons que Judith vive encore un an après que vous l’ayez condamnée à mort, votre amende de 100 dollars par jour vous coûtera 36.500 dollars. Vous réalisez une économie de 63.500 dollars ! Et croyez-moi, mes amis, c’est exactement comme ça que ça va se passer.

Il y a des choses positives dans cette loi. Les parents pourront garder leurs enfants sur leur assurance jusqu’à l’âge de 26 ans. Quelques trucs de ce genre. Alors, oui, votez la.


Mais ne m’insultez pas, moi et les 300 millions d’américains, en l’appelant « une réforme du système de santé ». Vous ne l’appelez plus « un système de santé universel », c’est déjà ça. Nous n’aurons pas un système de santé universel, ni même quelque chose qui lui ressemble. J’aimerais que le Président et les dirigeants Démocrates se présentent et nous disent tout simplement « Nous sommes désolés. Nous n’avons pas fait le boulot pour lequel nous avons été élus. Nous sommes faibles et nous avons peur et nous sommes incapables de communiquer les messages les plus simples au peuple américain. Par conséquent, notre loi garantira que 12 millions d’Américains ne bénéficieront d’aucune assurance santé. Et tout ça parce que nous avons décidé de laisser les compagnies d’assurances privées et cupides garder le contrôle de notre système. Pardonnez-nous, pour ça et aussi pour continuer de faire du profit le facteur déterminant pour décider si oui ou non un patient recevra les soins nécessaires. »

S’il vous plait, les Démocrates, dites le, puis allez voter votre misérable loi. Votez la, parce que si le Président Obama échoue sur ce coup, je ne sais pas s’il pourra s’en relever. Et ensuite plus rien ne pourra changer. Nous ne pouvons pas nous le permettre. (Et merci à Dennis Kucinich pour avoir bataillé jusqu’au bout et pour avoir été le seul parmi les 435 parlementaires à dire l’affreuse vérité).


Sur la première page du New York Times d’hier, un article, encore une fois malheureusement, titrait « Flint, Michigan » (la ville dont l’auteur est originaire - NdT). Il racontait l’histoire des médecins qui n’acceptent plus les patients couverts par Medicaid (l’assurance santé publique aux Etats-Unis pour les plus démunis – NdT) et qui ont des problèmes aux yeux, aux oreilles, aux pieds ou aux dents. Dans une zone qui s’étend sur 16 comtés au nord de Flint, il n’y aura bientôt plus un seul hôpital pour accoucher si vous êtes couverte par Medicaid. Le taux de chômage officiel à Flint est de 27% (le taux officieux est plus prés des 40%.)

Ceci est une tragédie américaine. Et cela fait des années que je vous mets en garde : le tsunami se dirige vers vous – s’il n’est pas déjà là.


Je viens de consulter mon iPhone qui m’informe de nouvelles applications qu’il me propose d’acheter. Une d’entre elles s’appelle « scanner ». Elle me permet d’écouter les communications de la police à travers tout le pays. J’achète l’application. Je vois que les communications de la police de Flint sont disponibles. Par curiosité, le lance l’application et voici ce que j’entends, à une heure du matin : une femme battue par son mari... une effraction dans une maison (« jeune noir mâle âgé de 16 ans, portant une casquette blanche avec une tête de mort ») ... un enfant est porté disparu depuis hier midi... une autre femme battue pas son compagnon... un homme obèse, diabétique a des problèmes respiratoires et doit être transporté d’urgence à l’hôpital (il y en aura trois de plus de ces diabétiques dans les heures qui suivront, toute la ville est malade)... une autre femme hurle, elle appelle au secours, « les officiers sont priés d’intervenir avec précaution... »


... etc, etc, etc... Voilà ce que j’ai entendu avant d’aller me coucher. Je suis rempli de désespoir et d’impuissance en entendant mes anciens voisins appeler au secours. Je déteste ça. Je suis obligé d’éteindre l’appareil. Je commence à pleurer. Merci iPhone. Merci les Démocrates. Je vais dormir plus tranquille depuis que je sais que vous veillez sur nous.


Bande de salopards.


Michael Moore
http://www.michaelmoore.com/


traduction par le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/L-argent-qu-ils-volent-la-cupidite-qui-est-la-leur.html
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 07:51

Lundi, l’agence notation Moody’s remettait sur la table la question des dettes publiques, en estimant « très probable » l’abaissement de la note de quatre grands pays : le Royaume-Uni, la France, les Etats-Unis et l’Allemagne. De ces quatre grands pays, c’est la France qui court actuellement le plus de risque, en raison du poids des charges de la dette, a également indiqué l’agence de notation.

domino

Moody’s assure que l’espoir mis par ces pays dans la reprise économique pour résoudre les problèmes de dette « a jusqu’à présent été brisé par le fait que le gros de la reprise mondiale se place ailleurs ». L’agence estime qu’il n’est pas possible « d’esquiver la nécessité de baisser les dépenses » en laissant les plans de relance en place et en espérant la croissance : « Cela mettrait à l’épreuve la patience et la confiance des marchés financiers ou des banques centrales, qui pourraient se mettre à combattre les attentes d’inflation en élevant les taux d’intérêt. »

Le messages est sans ambiguïté : pour baisser les dépenses, il convient pour ces ces pays d’entamer sans plus attendre une restructuration budgétaire du même type que les mesures d’austérité promulguées par le gouvernement grec la semaine dernière, soit des coupes salariales frappant tous les niveaux de revenus, un gel des retraites, une augmentation de la TVA et une hausse des taxes sur l’essence, entre autres.


Le chantage des agences de notations accélère encore un peu plus la cadence de la crise des Etats, accréditant une fois encore nos pire prévisions. Nous écrivions en effet, il à 5 jours à peine : « Il est urgent de comprendre que notre sort n’est pas séparé de celui des Grecs. Demain, ce sera le tour du Portugal, puis de l’Espagne ou de l’Italie, avant que le piège ne se referme sur nous tous. » (lire Nous sommes tous des Grecs ! )

20% de Grecs pour un « soulèvement général »

Un sondage réalisé auprès de 1.008 personnes du 8 au 10 mars, c’est à dire avant la deuxième grève générale de jeudi dernier, indique que 20% de la population grecque était en faveur d’un soulèvement général afin d’obtenir l’abolition de mesures d’austérité.

La majorité des sondés est en faveur d’une riposte syndicale modérée : pour 40%, les syndicats doivent « rechercher des solutions pacifistes » et pour 35% « exprimer leur opposition mais sans impulser de violences sociales »

La suite sur MECANOPOLIS

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 07:24
par Giulietto Chiesa*

Nous vivons une période de mutation historique sans précédent. La planète est devenue un village global dans lequel la démocratie est manipulée par ceux qui contrôlent l’information. Le mensonge et la guerre nous emportent là où nous ne voulons pas aller. Le journaliste italien et homme politique européen, Giulietto Chiesa analyse ce mécanisme et nous invite à ne plus en être dupes.

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Le vice-président Dick Cheney lors d’une cérémonie militaire à Fort Stewart, le 21 juillet 2006. MM. Bush et Cheney ont annoncé que la guerre contre le terrorisme durera des générations. Comment le savaient-ils ? Que préparaient-ils ?
© David Bohrer, Maison-Blanche

Communication et démocratie

Rares sont les gens capables de tracer un tableau d’ensemble de la situation actuelle de l’humanité. Mais cela ne signifie pas que personne ne voit cette situation. Ceux qui disposent de l’information ont beaucoup plus de chances de voir : le présent, mais aussi une partie souvent non négligeable de l’avenir.

Toutefois il est vrai que la majorité de la population, y compris beaucoup de ceux qui prennent des décisions et qui ont du pouvoir, n’a pas ces informations. Pourquoi ? Parce que nous vivons dans un système de communication, et non seulement d’information, qui ne rend absolument pas compte du monde dans lequel nous vivons, qui nous en offre même une image complètement faussée et nous empêche de voir ce qui se passe.

Prenons un exemple. En Italie, nous avons connu tous les détails du crime de Cogne [1], de cette mère soupçonnée d’avoir tué son enfant de trois ans. Cela a été la matière principale de la presse écrite, des journaux télévisés, et des débats télévisés. Bref, cela a été l’événement le plus commenté, analysé et discuté par les médias dans les premiers mois de l’année 2002. Et donc par le public.

Quel est l’enjeu de ce fait divers ? A-t-il une influence sur la « conscience » collective ? Il a sans nul doute une forte influence, à de nombreux égards. Mais il y a un enjeu qui saute immédiatement aux yeux : en occupant les premières pages des médias pendant un mois entier, la mère de Cogne – en cela innocente – a éclipsé le reste de la planète. Le monde entier a disparu sous ce linceul, y compris les bombardiers stratégiques états-uniens qui dévataient alors les vallées d’Afghanistan.

Des cas de ce genre, parfois plus éclatants encore, sont légion. Prenons-en un autre, pour illustrer le fait que le système tout entier de la communication et de l’information est construit et fonctionne pour se moquer de nous tous, et nous conduire où « on » veut. À la mi-novembre, quand les Tadjiks sont arrivés à Kaboul et qu’ils l’ont « conquise », la presse écrite et les journaux télévisés italiens les plus importants (mais aussi les moins importants), la Repubblica, la Stampa, le Corriere della Sera, TG 1,TG 2,TG 3,TG 4,TG 5,TG 6 et TG 7 [TG, abréviation des journaux télévisés en italien, Ndt.], nous ont raconté que les femmes afghanes avaient « enfin » ôté leur burka et que les hommes s’étaient « enfin » rasé la barbe. Or, on le sait, ces nouvelles étaient fausses ; mais avec ça, on n’a pas encore tout dit. Il ne suffit pas non plus de dire que ceux qui les écrivaient, qui les prononçaient et qui les publiaient auraient dû savoir qu’il s’agissait de fausses nouvelles. Moi aussi, je suis journaliste et il m’est déjà arrivé de donner une information erronée, d’arriver trop tard sur un événement, de fournir une fausse interprétation, mais ça arrive une fois et ça arrive à une seule personne.

Est-il possible que l’ensemble des journaux et des moyens de communication de masse nous aient donné par hasard, par mégarde, par incompréhension, pendant des semaines entières, deux nouvelles totalement fausses ? Cela ne peut pas avoir été une erreur. Les directeurs de tous les journaux écris et télévisés ont mobilisé leurs meilleurs éditorialistes pour qu’ils nous racontent ces deux bobards pendant des semaines entières. Ce n’est pas un hasard. C’est seulement la démonstration la plus éclatante du fait que le système de communication dans son ensemble fonctionne non pas sur la base de la vérité et de la véracité de l’information mais dans le but de répandre des nouvelles fournissant une certaine interprétation de la réalité, ou de dissimuler des parties de la réalité au profit d’autres, qui servent mieux les rouages de la domination et sont plus commodes à raconter.

On pourrait opposer qu’il en est toujours allé ainsi. Eh bien moi, j’affirme que c’est faux. Ce qui se passe aujourd’hui dans ce domaine est très, très différent de ce qui avait lieu dans le passé. Nous vivons actuellement une nouvelle époque historique, nous nous trouvons devant un tournant de l’histoire. Cela n’arrive pas souvent. Il arrive souvent que, pendant de longues périodes, il n’y ait pas de grands changements structurels. Nous, par contre, nous sommes au beau milieu d’un immense changement structurel. En premier lieu, il est fondamental de comprendre cela. Et de comprendre, en deuxième lieu, que la communication et l’information sont les instruments décisifs de cette mutation structurelle historique, qu’elles en sont le pivot, le socle.

En l’absence de cette base, ce changement non plus n’aurait pas été, et ne serait pas, d’une telle importance historique. Il est essentiel de comprendre tout cela parce que ou bien nous sommes capables de le faire — et nous pourrons alors nous défendre — ou bien nous n’en sommes pas capables — et nous serons vaincus —. Par ailleurs, étant donné que ces processus se développent très rapidement, il faut, pour ainsi dire, comprendre vite. Les questions de la communication, et de la démocratie dans la communication, sont devenues essentielles pour n’importe quelle lutte visant à défendre la démocratie. Ou nous serons capables de les aborder, ou nous perdrons la démocratie. Parce que moins d’information signifie moins de démocratie.

Une communication indécente (c’est-à-dire dépourvue de valeur intellectuelle, de décence, de culture) et manipulée (c’est-à-dire trompeuse, sous les multiples formes par lesquelles on peut induire en erreur ceux qui la subissent) prive la population de moyens intellectuels de défense. Un pays ne peut être considéré comme démocratique si une grande partie de sa population est soumise à une communication manipulée et à une information fondamentalement fausse. Le panorama que nous avons sous les yeux indique qu’on est en train de nous voler la démocratie, même si l’on ne nous empêche pas d’aller voter. Mieux : nous continuerons d’aller voter, sans nous rendre compte (ou en oubliant) que l’exercice de la démocratie est tout autre chose que l’exercice du vote. Celui-ci n’est qu’un élément nécessaire mais non suffisant pour que l’on puisse qualifier une société de « démocratique ». Mais il est évident que l’exercice du vote perd tout son sens et devient une procédure de pure forme si les votants ne sont plus en mesure de choisir, de faire la distinction entre les variantes, entre les programmes, entre les options. Et c’est l’information qui permet de connaître ce qu’il convient de choisir.

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Le journaliste et homme politique européen Giulietto Chiesa lors d’une conférence au Club de la presse de Genève.
© Humberto Salgado, Agence IPI :

Le 11 septembre et la fin de la souveraineté nationale

En ce qui concerne le 11 septembre, je résumerais la situation ainsi : la vérité sur le 11 septembre, nous ne la connaîtrons jamais. Nous ne la connaîtrons pas au cours des cent prochaines années, comme le dit Noam Chomsky. Mais ce que nous pouvons dès maintenant assurer, sans risque d’erreur, c’est que la version que l’on nous a fournie est fausse. On peut même le démontrer. J’ai rassemblé toutes les informations que je pouvais rassembler, et cela n’a pas été facile. Non parce qu’elles faisaient défaut : au contraire, il y en avait beaucoup. Mais elles étaient mêlées à un amas de bêtises et d’incohérences aussi nombreuses que manifestes. Il fallait débrouiller l’écheveau des contradictions avant de pouvoir établir des circonstances plutôt simples.

C’est ainsi que je suis parvenu à la conclusion que le 11 septembre a des causes et des origines très, très différentes de celles que nous connaissons, de celles que vous connaissez, et que l’Ennemi, le Satan dont nous devons nous protéger n’est pas Oussama Ben Laden. Plus précisément : ce n’est pas qu’Oussama Ben Laden. Celui-ci a probablement participé à l’opération, ou alors il en était informé de quelque manière, directement ou indirectement. En tous cas pas tout seul, pas depuis la grotte afghane où il était confiné, pas comme acteur principal mais, éventuellement, comme second rôle. Tout ce que l’on a pu rassembler pour trouver une explication indique que l’ennemi n’est pas l’islam mais quelque chose de bien plus complexe, si complexe que c’est difficilement explicable aux milliards d’individus qui sont contraints d’en subir les conséquences et qui ne pourront jamais comprendre.

Un phénomène typique des grandes opérations de terrorisme d’État est leur caractère complexe et la multiplicité des acteurs qui agissent les uns à l’insu des autres mais comme de concert, rattachés par mille fils et, dans le même temps, conditionnés par des stratégies que seules les quelques personnes au sommet connaissent dans leur intégralité ; tandis que, sous elles, les subalternes employés aux différents niveaux ont une connaissance partielle, et qu’au niveau le plus bas, les exécutants ignorent tout des desseins de ceux qui les dominent et les dirigent, mais ont été convaincus au préalable d’agir dans l’intérêt exclusif de la cause à laquelle ils croient. Expliquer, dévoiler tous les passages, toute la pyramide, est impossible en quelques mots. Mais c’est l’émotion qui rend encore plus difficile une analyse impartiale. Émotion qu’on alimente en exploitant et en amplifiant la douleur et la peur réelles. Émotion nourrie de l’agressivité qui se déchaîne contre tous ceux qui cherchent à distinguer le vrai du faux et que l’on accuse immédiatement de blasphème parce qu’ils ne se plient pas à la version officielle : la plus « évidente », la plus « logique », la plus « simple », mais pas pour autant la plus vraie.

On nous a annoncé le début d’une guerre qui se poursuivrait pendant plusieurs générations. Dick Cheney l’a dit, Donald Rumsfeld l’a dit, George Bush l’a déclaré. Et lorsque je les ai écoutés prononcer ces phrases, j’ai ressenti un frisson d’inquiétude : mais que diable ! Ont-ils perdu la tête ? Ils nous disent que nous mourrons tous en temps de guerre ou que nous mourrons en état de guerre. Mais où ces messieurs lisent-ils l’avenir, dans quelle boule de cristal ? Est-il possible de croire que, pour vaincre Oussama Ben Laden, on ait besoin d’une guerre qui dure une génération tout entière ? Avez-vous jamais entendu un chef militaire appeler son peuple à la guerre en annonçant par avance qu’il ne pourrait pas la remporter au cours des trente années suivantes ? Initialement, cette guerre avait été dénommée « Justice infinie ». Notez bien que les attributs infinis n’appartiennent qu’à Dieu. Nous sommes donc devant des discours religieux, non politiques. À ce qu’il semble, ces gens pensent (ou veulent nous faire croire qu’ils pensent) qu’ils sont investis d’une mission morale, d’un magistère religieux. Cela n’a pas été une erreur, ça a été un lapsus. Je ne sais pas quel est le pire des deux : ce lapsus ou l’annonce en parallèle, répétée jusqu’à l’obsession, que la guerre « durera toute une génération ». Et pourquoi donc ? Contre qui ? À quoi se préparent-ils ? Pourquoi veulent-ils nous terroriser ? Comme je crois qu’ils ne sont ni fous, ni ivres, il ne me reste plus qu’à penser qu’ils parlent sérieusement.

Les faits le confirment. Je vois le président des États-Unis (que j’appellerai dorénavant « Empereur substitut ») qui, à la mi-novembre 2001, émet un décret disant : que le président des États-Unis d’Amérique, sur la base d’informations transmises par ses services secrets, institue des commissions militaires secrètes ; qu’elles se substitueront aux tribunaux civils et militaires, qu’elles pourront juger — sans obligation d’apporter les preuves à l’accusé, encore moins au public — des ressortissants étrangers capturés n’importe où, même hors des États-Unis, qu’elles statueront sur leur sort n’importe où, même hors des États-Unis, sans qu’ils aient le droit de choisir un défenseur ; enfin, que les prisonniers pourront être condamnés sans appel à la peine de mort par le vote de deux commissaires militaires US sur les trois qui composent cette commission spéciale.

Moi, je lis les journaux états-uniens et je réfléchis. Qu’est-ce que l’Empereur a dans la tête lorsqu’il promulgue un décret de ce genre qui signifie, purement et simplement, la fin de toute légalité internationale hormis celle de l’Empereur ? Cela signifie qu’il en est fini de notre souveraineté, de la souveraineté de l’Italie, de la France, de l’Allemagne, du Pakistan, de l’Irak, de quiconque. En d’autres termes : nous avons perdu notre souveraineté.

L’ennemi chinois

Si quelqu’un doute encore que là-bas, à Washington, on plaisante, qu’il ne se fasse plus d’illusions. J’essaierai maintenant de vous exposer la situation qui s’est présenté à moi dans toute son évidence, alors que je travaillais à la rédaction du livre La Guerra Infinita [2] Jusqu’alors, je n’ai trouvé personne qui ait pu fournir une reconstitution, une interprétation en mesure de démentir ma thèse ou d’en contester des aspects de fond. Commençons par une interrogation essentielle — qui prête immédiatement au scandale puisqu’elle ose mettre en question ce que les bien-pensants considèrent comme acquis — : qui est l’ennemi ? À la fin de l’année 2002, le Pentagone a diffusé un document portant une signature très importante, celle de Donald Rumsfeld [3]. En 2002, Donald Rumsfeld n’était pas encore secrétaire à la Défense, mais il est important de ne pas négliger le fait que, dès la fin de l’année 2002, le Pentagone estimait qu’en 2017, l’ennemi principal des États-Unis serait la Chine.

On est en droit de se demander : pourquoi en 2017 précisément ? Réponse : parce que c’est ce qui ressort des calculs et des extrapolations effectués par les centres de recherche militaire. Il suffit d’introduire dans l’ordinateur, comme l’ont sûrement fait les analystes du Pentagone, les données des tendances démographiques, économiques, technologiques et militaires de la Chine pour constater que si la croissance de la Chine se poursuit au rythme actuel de 7-8 % de son produit intérieur brut en moyenne annuelle — comme c’est le cas depuis une vingtaine d’années — vers 2017, 1 300 millions d’individus commenceront à consommer « trop ». C’est-à-dire qu’ils commenceront à manger autant de pain que nous, à boire autant d’eau que nous, à posséder autant de voitures que nous et à consommer autant d’essence que nous. Et nous, les riches (même si nous ne sommes pas tous riches et que nous avons simplement profité des miettes tombées de la table des riches), qui ne sommes qu’un milliard d’individus, nous avons déjà gravement endommagé la Nature qui nous entoure par le type de consommation que nous avons enclenché.

Imaginons un peu ce qui arrivera lorsque un milliard trois cents millions de personnes supplémentaires feront leur apparition sur le marché de la consommation avec les mêmes prétentions au gaspillage que nous ! Il est évident qu’il n’y aura pas de place pour nous et pour eux, à moins de détruire le fondement même de la vie sur la planète. En outre, aujourd’hui déjà, un seul pays sur la terre peut prendre des décisions sans en demander la permission aux USA et à leur président : ce pays s’appelle République Populaire de Chine. Je précise, afin d’éviter tout malentendu, que je n’exprime aucun jugement sur le régime politique et social qui dirige la Chine en ce moment. Je me borne à constater les effets actuels et potentiels de son développement. Et si les choses vont ainsi, on ne peut éluder une autre question : qui décidera de ce que la Chine aura le droit de consommer, et l’autorisera-t-on à consommer autant que nous ?

La guerre des riches

Il y a une énorme tension sociale dans le monde, qui s’est accrue au-delà de toute limite précédente, entre riches et pauvres. Le nombre de riches se restreint, alors qu’ils deviennent de plus en plus riches, et le nombre de pauvres augmente, alors qu’ils deviennent de plus en plus pauvres. Cela représente le premier élastique ; un élastique terrible qui, ces vingt dernières années, s’est tendu au-delà du supportable. La différence entre le quintile le plus riche et le plus pauvre du monde s’est multipliée par quatre et demi au cours des vingt dernières années. Le quintile, c’est les 20 % les plus riches et l’autre quintile, les 20 % les plus pauvres. Quatre fois et demie en vingt ans. C’est-à-dire que la mondialisation états-unienne (je l’appelle ainsi parce que ce sont les USA qui ont déterminé cette phase de manière absolument prédominante) a produit une accumulation de richesse monstrueuse aux mains d’un nombre infime de gens. Néanmoins, cela ne représente qu’une partie du problème. Il y en a une seconde, beaucoup plus importante. C’est le fait que nous sommes arrivés aujourd’hui aux limites du développement. Cela non plus n’avait jamais eu lieu. Nous avons connu un siècle et demi de développement (capitaliste et non capitaliste), qui a vu une forte croissance du nord de la planète et une croissance faible ou inexistante au sud. Nous connaissons la façon dont l’humanité s’est développée et nous l’observons d’un oeil distrait. Mais c’est notre vie quotidienne qui devrait nous faire réagir. En effet, dans l’histoire de l’humanité, il n’était encore jamais arrivé que les hommes modifient l’environnement à une si grande échelle. Nous, nous sommes parvenus exactement à ce stade. Ce n’est pas ici que nous pourrons en analyser toutes les causes. Là encore, je me borne à constater des faits. La limite, le plafond de ce développement qui est le nôtre, est désormais à peine au-dessus de nos têtes ; si nous nous mettons sur la pointe des pieds, nous effleurons ce plafond. Dans tout l’Occident, nous sommes déjà obligés de fermer nos villes car nous ne respirons plus ; et déjà, pendant que nous discutons, un milliard d’hommes n’a pas assez d’eau à boire. Dans dix ans, les projections indiquent que le nombre d’hommes qui n’auront pas suffisamment d’eau à boire s’élèvera à deux milliards et demi. L’alimentation de trois des six milliards d’habitants de la planète pose déjà des problèmes. Déjà ! Et que se passera-t-il alors, si ce milliard deux cents millions de gens que nous évoquions plus haut entrent en scène en tant que consommateurs ? Ces gens qui voudront consommer comme nous, comment pourrons-nous le leur refuser ? Selon quel critère et avec quelle force leur dirons-nous qu’ils n’y ont pas droit ? Et aux trois autres milliards de personnes qui vivent avec un dollar par jour ? Et aux millions d’enfants qui meurent de faim ? Comment le leur expliquerons-nous, qu’ils n’y ont pas droit ? Et quel président des États-Unis se lèvera un beau matin et dira aux 300 millions d’Etats-uniens : « Mes chers concitoyens, nous ne pouvons plus continuer ainsi. Nous devons changer ce système de vie, nous devons établir avec le reste du monde les moyens de survivre, nous devons déterminer avec eux nos niveaux de consommation, la qualité de notre vie » ? Cela suppose de prendre place autour d’une table, de s’asseoir tous ensemble – les représentants de l’Occident, de l’Europe, de l’Amérique, de la Chine, de l’Inde, du monde arabe, tous ensemble, de sortir les pistolets des poches et de les mettre de côté. Cela suppose que l’on commence à discuter d’égal à égal, honnêtement, sur la manière dont on doit vivre, sauver notre planète, éviter de compromettre nos glaciers, nos sources ; que l’on se mette à réfléchir à l’avenir de nos enfants et des générations futures.

C’est l’une des possibilités. Malheureusement, ce n’est pas la plus probable. Quelle est l’alternative ? La guerre. Voilà pourquoi nous allons à la guerre. Nous allons à la guerre parce que le groupe dirigeant des États-Unis et tous les groupes dirigeants occidentaux sont incapables de dire la vérité sur la situation du monde. Ces hommes n’ont ni les instruments culturels, ni l’intention de le faire. Peut-être est-ce une tâche trop grande et trop difficile, voire dangereuse, car si un président des États-Unis se levait pour dire quelque chose de ce genre, il est probable qu’on le tuerait le jour suivant. Il existe des pouvoirs aussi forts qu’obtus, dont l’unique intérêt est de continuer ainsi, comme ils l’ont toujours fait, tête basse, à la recherche du profit.

Mais il faut reconnaître qu’en la matière, il n’existe pas non plus d’alternative culturelle forte. Le point essentiel est qu’il ne s’agit pas seulement d’un affrontement entre les riches et les pauvres du monde. Nous sommes confrontés à une lutte totalement inédite, qui ne doit plus être mesurée d’après les vieilles théories sur l’impérialisme, mais plutôt en termes de survie pure et simple de l’être humain.

Vous aurez compris que nous sommes au beau milieu d’un tournant difficile et nouveau. Et c’est la terrible complexité de ce tournant qui, elle seule, peut expliquer pourquoi le président des États-Unis nous annonce que nous entrons dans une guerre très longue, tellement longue qu’elle durera toute une génération, voire plusieurs. C’est la guerre des riches contre tous les autres. Ils veulent nous entraîner dans cette guerre parce qu’ils pensent qu’ils en sortiront victorieux ; ils n’ont pas compris que même les riches n’en reviendront pas vainqueurs. Une guerre où il n’y aura pas de vainqueurs. Et moi, je vous demande, et je me demande : que pouvons-nous faire pour ne pas y aller, dans cette guerre ?

Personnellement, je ne vois aucun sens à aller se brûler, et encore moins de sens à se brûler sans raison. Parce que, justement, je ne suis pas du tout convaincu que cette guerre — une guerre qui implique le massacre de plusieurs centaines de millions d’hommes — soit d’une quelconque utilité pour le destin du genre humain. Et elle ne nous aidera sûrement pas à sauvegarder les valeurs de l’Occident dont, sur le papier, nous sommes si fiers.

(A suivre…)

 Giulietto Chiesa

Giulietto Chiesa est journaliste. Il fut correspondant de presse d’El Manifesto et d’Avvenimenti, et collaborateur de nombreuses radios et télévisions en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, en Russie et au Vatican. Auteur de divers ouvrages, il a notamment écrit sur la dissolution de l’URSS et sur l’impérialisme états-unien. Ancien député au Parlement européen (Alliance des démocrates et libéraux, 2004-2008), il est membre du Bureau exécutif du World Political Forum.

Réseau Voltaire

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Published by Ferlinpimpim - dans Politique
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