Le cri d'alarme de Bruno LABATUT-COUAIRON, inspecteur du travail et Président de la CFTC de l’Inspection du
travail.
Ah, cette sacrée crise qu’on voudrait rendre responsable de tous nos maux ! C’est en son nom qu’on devra bientôt travailler
jusqu’à 70 ans, 60 heures par semaine et tous les jours de la semaine en étant payé, au forfait, une misère.
Pourquoi dis-je «bientôt» ? La loi du 20 août de cette année, portant «rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail», prévoit déjà l’application du forfait jour aux
catégories de salariés qui bénéficient «d'une réelle autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps». En clair : jusqu’ici, seuls certains cadres pour lesquels aucune préquantification du
temps de travail n’était possible, pouvaient se voir appliquer le «forfait jour» : on ne paye plus le nombre d’heures travaillées, on paye un nombre de jours dans l’année sans plus aucune
référence horaire. Conséquence : les cadres explosent les compteurs horaires (qu’ils n’ont pas !), et aucun contrôle n’est possible puisqu’ils sont payés au forfait. Le but : ne pas payer d’heure
supplémentaire, les fameux 25% par heure au-delà de 35 heures sans dépasser 48 heures par semaine, maximum hebdomadaire absolu de la durée du travail, c’est un temps révolu
!
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