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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 19:59


Rapport 145-76-GY-W89                                                                                                        Mégapole 1, le 23 Décembre 2034


Class : Hautement confidentiel  - A -

Archive secteur Z4, section 8, plan U-7


Texte caligraphié, trouvé dans la zone de non-droit R-5K9, sur un cadavre. Le caractère historique et véridique de ce document en fait un sujet hautement sensible, à réserver aux validés -A-. Impropre à diffusion hors des archives Z4.

 

 

J'ai laissé toutes mes affaires entre les rochers, et je n'avais que mon Unique X21 avec 10 cartouches sur moi. 

Au moins, je savais où j'avais mis mes pièges, j'ai pu les éviter facilement.

 

On imagine pas, mais pour investir une zone, seul, cela prend des heures. Il faut toujours avancer à couvert, par sauts successifs de 2 ou 3 mètres. Toujours bien observer, pendant au moins 5 minutes, entre chaque positionnement.

 

La moindre erreur est mortelle et je vous certifie qu'après avoir vu la mort autant de fois, même si elle serait une délivrance, l'instinct de survie vous fait prendre trois précautions au lieu d'une.

 

J'ai mis à peu près trois heures pour faire cinq cents mètres. L'adrénaline à son plus fort dosage. Il n'y avait personne dans la maison brûlée... Quelques traces de chevreuils autour de la maison. Ce n'était donc qu'une famille de chèvres qui m'avait affolé.

Mais croyez moi, dans cette situation, la paranoïa n'est en rien un défaut. D'ailleurs, la peur ne laisse aucun choix.

 

J'ai récupéré tout mon matériel mais je ne pouvais pas rester dans cette zone.  J'ai déjà de la viande de chien séchée, inutile de tuer un chevreuil. Mais j'inscrit bien ce passage de gibier dans mon esprit. On ne sait jamais.

 

J'ai ensuite longuement marché, pour m'arrêter dans une très vielle grange, aux alentours dégagés. Ce n'est pas vraiment un avantage, le danger pouvant venir de partout, mais l'endroit est agréable. J'installe les pièges aux alentours des entrées. Elle est assez vaste pour faire un feu et je peux écrire à la lueur des flammes.

 

Lorsque nous avons quitté la ville, Marion, ma femme, Gabrielle, 9 ans et Bastien, 12 ans, nous étions le 6 septembre 2011. Auparavant, j'ai remué ciel et terre pour trouver une arme et cela m'a coûté les trois quarts de mes économies. Mais je me voyais mal partir sans aucune défense.

De toute façon, je savais pertinemment que l'argent n'allait être d'aucun secours là où nous allions.

 

Nous sommes partis en pleine nuit. Marion portait le plus lourd sac et j'avais affublé les enfants du reste. Oui, cela peut paraître machiste mais il n'en est rien. J'étais le porteur d'arme, le défendeur, le gardien. Il fallait que je reste totalement disponible pour l'action à tout moment. Etre chargé d'un sac pouvait tous nous conduire à la mort. 

 

Nous avons parcouru un dizaine de kilomètres dans la nuit, sans rencontrer de problème. Il est vrai que les "bandits" d'un côté ou de l'autre préféraient se focaliser sur la ville et ses richesses. 

 

Au delà des hauteurs de la ville existe une vallée sauvage, avec petit cours d'eau et parsemée de grottes. Je pensais que ce serait une étape bénéfique dans un premier temps. Aussi, je ne fut pas surpris d'y retrouver quelques concitoyens fuyant la fureur ambiante.

 

Le contact fut très tranquille. Une famille n'est pas un gang et se voit de suite.

Nous nous sommes donc intégrés dans un groupe d'une vingtaine de personnes dont les plus anciens étaient là depuis une quinzaine de jours.

 

Avec le recul, ce fut vraiment la plus belle période de cette longue aventure. Chacun ayant trouvé rapidement sa place dans un esprit d'entraides communes. Il fallait parfaire les campements, assurer le ravitaillement en envoyant des groupes parcourir les campagnes. Les quelques personnes armées chassaient le gibier foisonnant, encore.

 

Tout le monde avait le sourire malgré les évènements. Nous nous sentions dans la peau de pionniers, de défricheurs, et nous commencions même à cultiver quelques carrés de terre. Nous avions passé des accords d'échanges de main d'oeuvre contre nourriture, avec des paysans alentours, et nos rangs grossissaient chaque jour.

 

Mais je le savais, cette situation ne pouvait pas durer. Nous étions trop proches de la ville et celle-ci allait manquer de provisions un jour ou l'autre.

La première attaque de ferme a eu lieue en décembre 2011, et ses occupants furent assassinés, visiblement sans négociation.

Cela se multiplia les jours suivants. Nous étions presque 250 mais dans l'impossibilité de protéger un autre endroit que notre campement. Il fallait partir au plus vite, mais, bien entendu, tout le monde ne le voyait pas ainsi.

 

Je me rappelle avoir passé toute une nuit à réfléchir, à essayer de prendre une décision. Au petit matin, moitié somnolent, ce fut le bruit des avions à réaction qui m'a réveillé, puis, au loin, le bruit sourd des bombes qui explosent, déchirent, détruisent...

 

Le Nouvel Ordre Mondial était en marche. 

 

A part à la télé, en 1991 ou en 2003, sur l'Irak, je n'avais jamais vu un tel déchaînement de violence. Mais à la télé, vous n'avez pas l'onde de choc. alors qu'à chaque explosion, ce matin là, même à 10 km de distance, j'avais l'onde de choc qui me faisait frémir, quelques secondes après les impacts.

 

Ce fut la plus effroyable sensation de ma vie.

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Published by Ferlinpimpim - dans Inclassables
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commentaires

nath 16/12/2010 17:06



Tu as vraiment de grand talent de conteur, tu devrais vraiment de mettre à écrire un bouquin..


J'ai beaucoup aimer te lire, c'est une dramatique mais  la fluitidité de ton texte est très agéable.... merci....






Ferlinpimpim 16/12/2010 18:58



J'y pense, j'y pense... Puis j'oublie...


 


Non, j'y pense fortement. Là, ce n'est pas vraiment de l'écriture, c'est du lâché...


 


Bisous.



val 13/12/2010 21:06



Coucou Ferlinpimpin,


je suis toujours là, je lis tous les jours ce qui se dit ici, mais je suis un peu en retrait en ce moment car j'ai le moral dans les chaussettes, de gros soucis de boulot et de parents malades,
ce qui fait bcp en même temps. Moi aussi comme toi et d'autres, je sens venir chaque jour un peu plus le grand merdier et je ne peux le prouver par A + B à personne. J'essaye de sensibiliser
quelques proches, mais je reçois la plupart du temps un regard très interrogateur du type "elle doit déprimer". Bref, je laisse pisser maintenant, j'ai d'autres affaires à m'occuper.


Je voulais te dire ce soir en tout cas que je trouve vraiment bien ce que tu écris. Certes, c'est pas gai, c'est proche du roman "La Route" que tu as peut-être lu, mais c'est probablement très
réaliste par rapport à ce qui nous attend...Si çà peut te permettre de t'extérioriser, voire de mettre à distance certaines de tes peurs, continue...


Gros bisous,


Val.



Ferlinpimpim 13/12/2010 21:20



J'ai vu le film... Bouhhhhhh... quel choc...


 


Ce n'est pas ma base. Je me source dans mes expériences perso, car j'ai longtemps vécu en phase avec la nature, et ce n'est pas facile... J'ai aussi longtemps vécu en contact avec l'éêtre humain,
et ce n'est pas facile non plus.


 


Bref, rien n'est facile, mais tu le sais...


 


Bon courage mon amie. Je t'embrasse très tendrement.



david 13/12/2010 21:03



en lisant ton récit je repensais  à mad max et à une série tv dont le titre était jéricho..., je tiens à rappeler aux positivistes de tout poil  qu' en faisant abstraction du paramètre
nucléaire (pour l'instant!!!)  de nombreux pays ont déjà concrétiser ces fictions  d'anticipation...


on attend avec impatience les prochaines productions du nom... soleil vert 2011 , le jour d'après 2012, new york
2013...


on figurera peut être dans la distribution mais nous serons noyés dans la masse (critique!!!) des figurants....


bises l'ami



Ferlinpimpim 13/12/2010 21:14



J'ai adoré la première saison de Jéricho... Après, c'est merdique... Bisous.